‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 15 sur 191 · Sassone dans Eccardo, col · texte numérisé non relu

Sassone dans Eccardo, col

4. DucHESNE, Liber pontificaUs, t. II, p. 73 et 180. Cf. p. 179, 102

5. Gregorovius, t. III, p. 362; Baronius, ad an. 908, n. 6. En 1028 mourut Mizina « Quœ miro sermone senatrix dicta fuit » dit son épitaphe. (Nerini, de Templo S. Alexii, p. 326.) Cf. Ducange, t. VI col. 355.

femina, Comitissa, Senatrix, A partir de ce moment, on retrouve fréquemment dans les chroniques ce qualificatif.

Ainsi, le sénat constituait, au ix^ siècle, une classe, un ordre au même titre que le clergé et le peuple, et cette distinction subsista '.

Curtius, Vitale, Vendettini, Savigny, Cancellieri ^ ont raison de dire, et cela, au reste, était incontestable, qu'il y avait un « sénat » à Rome à l'époque des Carolingiens et durant les siècles suivants, mais ils ont eu tort de ne pas s'être aperçus que ce mot avait alors changé de sens et que le sénat, dont ils démontrent l'existence avec passion et à grand renfort de citations, n'était plus une assemblée mais un ordre. C'est ce qu'ont compris Hegel, Giesebrecht, Gregorovius, et entrevu plus ou moins nettement Papencordt et Villari.

Maintenant, quel était le rôle de la classe sénatoriale dans l'État ? La situation de ses membres lui donnait assurément une grande influence. Ils possédaient dans la ville des châteaux qui devinrent en peu de temps des forteresses, au dehors, tout autour de Rome, de vastes propriétés dans l'étendue desquelles ils exerçaient des droits de souveraineté presque absolue 5. Leurs vassaux et leurs partisans étaient nombreux et formaient des milices grâce auxquelles ils pouvaient à l'occasion imposer la loi au peuple et même au souverain pontife. Souvent ils remplissaient les fonctions

1. « Omni clero, ciinctoque senalui et universo populo mandaverunt...y> est-il dit dans la vie de Benoît II. La même classification se retrouve dans la vie de Nicolas I«r et souvent ensuite. Duchesne, Liber Pontificatisj t. II, p. 142, 152.

2. Memorie istoriche, p. 263. Manuscrit inédit, cité à la Bibliographie.

3. Même lors de la réforme démocratique de 1363, le peuple s'interdit le droit d'intervenir entre les seigneurs et leurs vassaux. (Liv. I, art. cix).

RooocANACHi. — Les institutions communales de Rome. a

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des Magistrî militum et la plupart des autres charges édilitaires et judiciaires étaient entre leurs mains.

On peut même affirmer que non seulement les nobles avaient une part considérable dans le gouvernement de la chose publique, mais que la noblesse était appelée quelquefois à intervenir comme corps dans les affaires publiques. Le palais pontifical ayant été pillé par la populace en Tan 885, le « sénat » fut invité, conjointement avec les évêques et le légat impérial, à constater les dommages et à en rechercher les auteurs ^ En 996, Grégoire V chargea le « sénat » d'examiner la légitimité des droits de ceux à qui on reprochait d'avoir envahi les terres de l'Église : « Invasores EcclesiasHci patrimonii invitant iit, mit Mita redderent, aut si illa jure ienere in Senato Romano proharent ^ » Il semble même qu'on ait parfois reconnu au « sénat » le droit de poser des principes de jurisprudence. Dans un acte de donation, il est rappelé que, « grâce aux sages mesures édictées par les sénateurs, chacun est libre de disposer à son gré des biens qu'il possède 3 ». H ne faut pourtant point se hâter de conclure de ces exemples isolés, q^ui témoignent surtout d'un grand amour du passé et des formes antiques chez les Romains, que le corps sénatorial exerçât une autorité régulière et, si j'ose dire, constitutionnelle. En tout cas, elle se trouvait généralement enfermée dans des limites assez étroites. Un annaliste du xi*^ siècle, après avoir expliqué que les sénateurs étaient chargés d'administrer les affaires municipales et de rendre la justice, prend soin d'ajouter : « Grandiora Urbis et Orbis negotia longe superexcedunt eorutn judicia

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