I. Archiv. Stor. Capit.yCred. i, vol XXXI V, fol
prouver d'une façon plus éclatante encore sa dévotion au souverain pontife; il vota une statue pour remercier le pape Alexandre VII, de sa « paternelle affection » envers le peuple lors de l'épidémie qui venait de sévir et dont il s'était efforcé, sans ménager son trésor, d'arrêter la propagation ; un conseiller proposa même que la statue fût d'or, et un autre, enchérissant sur ses collègues, déclara qu'en diamants et en bijoux elle ne serait pas encore digne de son objet. Le pape refusa cet honneur, comme bien on pense, et répondit avec assez d'esprit aux délégués du conseil qu'il lui suffisait que son image restât empreinte dans leurs cœurs ^ Cependant, sous les humilités de la forme et malgré •ces défaillances, le conseil communal avait continué à défendre ses prérogatives et l'autonomie de la ville contre les empiétements du pouvoir pontifical.
Sa résistance fut surtout heureuse quand il eut pour adversaire le pape Sixte-Quint dont l'humeur impérieuse eût fait augurer tout autrement de la lutte. Elle commença dès le lendemain de son élection, le pape ayant déclaré que les notaires du sénateur et de ses deux collatéraux seraient désormais réduits au nombre de douze, et que leurs charges
I. Archiv. Stor. Capit., Cred. i, vol. XXXIV, fol. 184, 185, 187. Cela commençait à devenir une vieille pratique. La première statue qui fut placée dans la salle des conservateurs fut celle de Léon X ; la première qui fut placée dans la salle des sénateurs fut celle de Paul IIL On les transportait au Câpitole avec accompagnement de salves d'artillerie et sonnerie de trompes {Cod. Val. ht., ^^i^, c. 103, iio; cod. Casanatense, 983, p. III). Plus tard, on voulut même élever des statues aux neveux des papes, à Tommaso Rospigliosi, entre autres, lorsqu'il mourut (1664). (Ibid., vol. XXXV, fol. 66.) Quand il s agissait d'un cardinal, on se contentait d'une plaque commémorative que l'on plaçait dans l'église S. Maria Aracœli. C'est ce qu'on fit en l'honneur d'Aldobrandino, en 1601 ; il en coûta 3000 écus (Cod, Cas 983*^01. 112).
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seraient vendues au profit de la Chambre apostolique (15 juin 1585 ; il avait été élu le 24 avril) '. Mais le conseil communal protesta, s'agita et finalement Sixte-Ouint revint sur sa décision ; fort de cette première concession, le conseil ordonna alors que le produit de ces charges serait affecté au remboursement des avances faites au peuple romain par les Monts-de-Piété, et à Textinction du droit sur la viande ^. Une nouvelle entreprise du pape sur les finances du conseil ne réussit pas mieux ; il avait fait connaître son intention que le salaire des caporioni et de quelques autres officiers que payait en partie la Chambre apostolique, fût dorénavant entièrement prélevé sur la gabelle des études; or le produit en était insuffisant, on en verra la preuve tout à l'heure, pour faire face à cette charge, et d'ailleurs, il servait également à couvrir d'autres frais; le conseil protesta donc vivement, envoya auprès du souverain pontife une délégation, et, cette fois encore, obtint que rien ne serait changé aux anciens usages (décembre 1586)3.
Ce fut cette même année (1586) que le pape porta à quatorze le nombre des quartiers de la ville en formant de la cité léonine, communément appelée Borgo di S. Pietro et qui avait été jusque là comprise dans le Transtévère,
1. Cod. Urb. Fat., 1053. E" 1^22 il fut décidé par le conseil communal que les caporioni ne pourraient choisir leurs notaires que parmi les notaires capitolins {Archiv. Stor. Capit.^ Cred. i, vol XXXII, fol. 234). Celte décision fut confirmée par la bulle d'Urbain VIII « Nuperpro parte », datée du 24 novembre 1639 ^^ étendue au protonotaire par sa bulle « Exponi Nohis » du 29 avril 1641.
2. Le 22 janvier 1586 (Archiv. Stor. Capit., Cre'l. i, vol. XXIX, fol. 20, 53).