‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 154 sur 191 · Archiv. Stor. Capit.y Cred. i, vol. XXIX, fol · texte numérisé non relu

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une circonscription distincte. En conséquence, le conseil décida, dans la séance du 5 décembre 1586, qu'il y aurait un caporione de plus '.

Deux ans après, il y eut de nouveau un heurt entre Sixte-Ouint et le conseil ; il s'agissait encore pour le conseil de défendre sa caisse, car il semble que tout l'effort de la papauté se portait alors de ce côté. Il existait depuis peu une magistrature, officium interponendorum decretorum % dont le titulaire devait s'interposer entre les parties qui avaient un acte à échanger, rédiger les contrats et peut-être en contrôler la teneur ; cet office qui était rétribué rapportait d'assez gros profits puisqu'il se vendait cinq mille écus. Comme il était devenu vacant, le pape, s'arrogea le droit de le vendre au profit du Saint-Siège. Cette usurpation mit le conseil en grand émoi, il en référa au conseil public et le conseil décida qu'une députation serait envoyée au pape pour lui demander de revenir sur une décision qui causerait, disait le texte de la délibération, le plus grand tort à la dignité des magistrats du Capitole et le plus grand préjudice aux finances delà ville (30 janvier-12 février 1588); et Sixte-Quint consentit à rapporter son ordonnance alléguant que « ses innombrables occupa-

1. Archiv. Stor. Capit., Cred. i, vol. XXIX, fol. 54. Il fut décidé que le nouveau quartier aurait pour armes l'obélisque de la place Saint- Pierre. Sa création avait été déterminée par l'accroissement de la population qui résultait des travaux accomplis dans cette région sous le pontificat de Pie IV. On avait même pensé à créer, au dépens du quartier Campomarzo, un quinzième quartier mais cette idée fut abandonnée. Le nouveau caporione dut recevoir le titre de caporione di castello. Son élection fut saluée par des salves d'artillerie. {Cod. Vat., Urb. 1054, 1055 • Archiv. Stor. Capit., Cred. i, vol. XXIX, fol. 54.)

2. On trouvera à l'Appendice II, le texte du motu proprio de Sixte- Quint dont il va être parlé et qui donne la description de cette magistrature.

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tiens Tavaient empêché d'en saisir la gravité ». Le texte de la résolution du conseil donne à entendre toutefois que le prix de la charge lui fut remboursé. Le 5 octobre suivant, fut publié un décret déclarant qu'en vertu de cette concession, le sénateur, ses deux collatéraux et l'auditeur de la Chambre auraient seuls désormais le droit d'exercer cet office \

Il semble toutefois que finalement le pape Sixte-Quint s'empara d'un certain nombre de charges; Grégoire XIV son successeur les restitua au « sénat » ; le Capitole fut même illuminé à cette occasion ^

La Chambre apostolique recevait légitimement sa part dans la vente de certaines charges; le fait ressort de la consultation des registres de cette époque K

Le conseil communal avait aussi fort à faire de défendre les droits des juges capitolins. Comme on contestait de plus en plus la compétence de ces magistrats dont la droiture et l'intégrité étaient suspectées non sans raison et que souvent même on ne tenait aucun compte de leurs décisions, le conseil décida que quatre citoyens recevraient mission de défendre les droits du « forum » capitolin et aussi de juger

1. Archiv.Stor. Capit., Cred. i, vol XXIX, foL 120, 126 et, pour le décret, Cred. vu, vol. I, n. 13. En 1606, l'office est rétabli et c'est le peuple qui désigne ce magistrat qui est alors appelé : Judex ad interponenda décréta (Ibid. Cred. i, vol. XXXI, fol. 166).

2. Le pape restitue (1591) les charges de gardiens des murs et des portes, gardiens des aqueducs, gardiens des statues, gonfalonier du peuple (Cfw/. Vat., Urb., 1059, 4)art. II, fol. 258, 529, 177).

3. En voici un exemple : « Roma ) Jugîio ij8y. Mons Tesoriere ordinerete a Gio. Lope^ che delîi denari che gU avaniano in matio degli Officii venduti delli restanti di Campidogîio, paghi a M. Annibah Corradini pittore se. 60 a conto delV aJtare e cappella che ahliamo fatto fare nella casa dei mendicanti. » (Archivio di StatOy Mand. Camer., 1 587-1 589, fol. 27.)

les actes de violence. Toutefois ces délégués crurent devoir aller tout d'abord solliciter l'intervention du cardinal Aldobrandini, camerlingue, tant on avait pris dès lors l'habitude de recourir en toute chose au pouvoir pontifical (1596) ^ En 1608, quatre délégués furent désignés pour s'aboucher avec les représentants de la Chambre apostolique en vue de déterminer d'un commun accord les pouvoirs des notaires capitolins et ceux des notaires de la Chambre qui se trouvaient en opposition.

Le conseil entendait aussi faire sentir son autorité aux cités qui étaient encore considérées comme va aies du peuple ; il défendit aux podestats qui les gouvernaient de venir à Rome ou d'y envoyer des mandataires sans son agrément, et une revision de leurs statuts ayant paru nécessaire, il confia le soin d'y procéder à des magistrats de son choix qui avaient exercé les fonctions de délégués du peuple dans ces villes (1606) \

En 1628, le conseil donna encore une preuve de son esprit d'indépendance, mais ce fut, semble-t-il, la dernière; il s'opposa à la perception d'une taxe nouvelle que le Saint- Siège voulait créer afin de se procurer les sommes nécessaires à l'amélioration de l'état des rues K

D'autre part, il ne négligeait aucune occasion de paraître. Le 20 mai 1587, il félicita le duc de Savoie sur la naissance de son premier-né qui fut Victor-Amédée ?■■; il organisa une police à cheval composée de cinquante hommes afin d'empêcher les crimes qui étaient alors fort

1. Séances du 26 juin et du 22 novembre 1596. Archiv. Stor. Cabit Cred. I, vol. XXX, fol. 205, 223. ^ *'

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