Archiv. Stqr. Capit., Cred. i, vol. XXXIII, fol
nombreux (1587) ' ; il réclama pour les conservateurs et le prieur le droit de prendre part aux délibérations du conseil de VAnnona {1^91); il renouvela la défense faite naguère aux magistrats du Capitole d'apposer leurs armes ou de faire inscrire leurs noms sur les édifices publics, afin sans doute que leur prestige ne s'accrût pas aux dépens de l'autorité du conseil ^ Durant les conclaves il continuait à être le garant de la paix publique; les conservateurs devaient parcourir nuit et jour les rues se faisant accompagner de deux caporioni, afin de tenir la ville « en sécurité et en crainte » ; parfois, unissant leurs forces, ils menaient d'imposantes patrouilles jusqu'au pont Saint-Ange, au-delà duquel commençait la région où s'exerçait l'autorité du gouverneur du
1 . Mais les Romains trouvèrent peut-être que le remède était pire que le mal, du moins si l'on en juge par le règlement, en date du 16 oct. 1591, qu'il fallut imposer à ces soldats. Il leur est défendu d'arrêter aux portes de la ville les marchands qui y apportent des denrées, de parcourir les rues par groupes de plus de six, d'empêcher les « argousins » d'accomplir leur devoir, de loger les uns chez les autres; ils ne devaient porter d'autre arme qu'un poignard et, s'ils s'en servaient dans une rixe, ils étaient punis de peines graduées suivant l'endroit où ils se trouvaient ; si l'infraction avait eu lieu sur la place Saint-Pierre, il y allait de la peine de mort. Le soldat qui refusait d'obéir à son supérieur était soumis au supplice de trois coups de corde et perdait son équipement (Bibl. Casanatense, Collect. Bandi, vol. II, n. 5). Il ne paraît pas que leurs allures aient beaucoup changé dans le cours du siècle suivant car, en 1659, Michel de Saint Martin dans son ouvrage. Le gouvernement de Rome, dit, p. 485 : « Chacun connaît la vie déréglée des soldats et combien ils ont besoin d'étroites lois. C'est pourquoi il leur est défendu de sortir de la ville sans la permission de leur capitaine sous peine de la vie; ils ne peuvent changer de compagnie; ils ne peuvent jouer avec les officiers qui les commandent et sont obligés de se retirer dans leurs quartiers après une heure de nuit et de n'y recevoir de garnements ni femmes mais seulement leurs amis; et, pour empêcher les querelles avec leurs hôtes, on les fait demeurer seuls dans une rue. » Ceux qui avaient reçu des « incommodités notables » à la guerre ou qui avaient servi plus de vingt ans avaient droit à une pension.
2. Archiv. Stor. Capit., Cred, i, vol. XXIX, fol. 36, 78, 176, 274.
Borgo et il était fait une relation de cette marche dans les archives du conseil'. Les caprioni étaient chargés d'exercer la même surveillance ce qui n'empêchait point la ville d'être très troublée ^ Les sir aor dinar ii recevaient en même temps l'ordre de surveiller tout particulièrement les boutiquiers qui se montraient très peu respectueux des ordonnances qui les concernaient dès que l'autorité semblait devoir être moins soucieuse de les faire appliquer \
Rome étant devenue une cité somptueuse où la dignité des charges se mesurait au luxe des vêtements, le conseil s'efforçait aussi de donner aux représentants du peuple un train qui fût en rapport avec le rôle qu'ils prétendaient jouer. Il accorda aux conservateurs quatre chevaux nourris aux frais de la ville, mais leur refusa des carrosses 4. A l'occasion du sacre de Sixte-Quint, le conseil jugea à propos, pour la première fois ce semble, de délibérer sur le costume que porteraient ses membres ; peut-être y avait-il là une pensée de flatterie à l'adresse du Saint-Siège. Il fut
1. Ceci se passa en 1590, le 12 septembre {Archiv. Stor. Cabit. Cred. I, vol. VI, fol. 141). ^ »
2. Relation de V ambassadeur vénitien Mocenigo, dans E. Alberi Rela Itone degli ambasciatori. . . , t. X, p. 30. Il s'agit de l'année 1 560. Mocenigo ajoute que le salaire des caporioni était en temps ordinaire de 15 écus par mois et au temps de conclave de 150, et celle du prieur de w Le salaire des conservateurs était double.
3. Aussitôt élu, le pape Grégoire XIV fit distribuer aux officiers qui avaient concouru au maintien de l'ordre et à la défense de ses biens personnels la somme de 1400 écus, à savoir : aux conservateurs 260 écus • au prieur des caporioni qui avait protégé son palais 500 écus; au caporioni du Campomarzo qui avait protégé ses écuries 80 écus ; aux autres capmom 52 écus chacun; aux cinq prévôts 50 écus; au capotoro et à
officier du quartier Colonna qui avait protégé ses palais, 20 écus (Archiv. dt Stato, Mand. Camer., 1590-1591, fol. 17)
4. Séance du 7 mai 1583. Archiv. Stor. Capit., Cred'. i, vol. XXVIII loi. 163. '
RoDocANACHi. — Lcs institutions communales de Rome.
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décidé que rhabillement des conservateurs se composerait d'un long manteau de soie rouge incarnat broché d'or, d'une soutane d'armoisin cramoisi allant aux genoux, d'une barrette de velours noir et de culottes à leur choix ; celui du prieur devait se composer d'une robe de même étoffe que le manteau des conservateurs, mais moins longue; celui des caporioni, d un pourpoint et de chausses de satin blanc ou d'armoisin de même couleur, et d'un manteau cramoisi ; celui des deux chanceliers, d'un manteau de velours paon; celui des prévôts, d'un manteau paon, d'un pourpoint et d'un bonnet cramoisi ; il leur fallait, en outre, se munir d'une épée à poignée dorée. Le conseil alloua, pour payer la dépense, 60 écus à chaque conservateur, 50 écus au prieur, 30 écus aux r^;x?n(?«/, 20 écus aux prévôts. Il était, au reste, tenu à cet effort car, dans le cortège, les représentants du peuple occupaient une place d'honneur; le sénateur eut, en cette occasion, le pas sur l'ambassadeur
de France \
Lors du sacre d'Urbain VII, en 1590, le conseil s'occupa de nouveau du vêtement des magistrats ; cette fois, les caporioni eurent un pourpoint et des chausses de soie d'argent, de souliers de cuir blanc garnis de rubans blancs, un manteau de velours rouge, une épée dorée dans un tourreau de velours noir, une barrette de velours noir garnie de pierreries; pour les conservateurs, les parements d'argent et
I. Archiv. Stor. Capit., Cred. i, vol VI, fol. 132; Cancellieri, Soîenni Possessif p. 122 et seq.\ cet auteur fournit d'abondantes descriptions des costumes des officiers et magistrats romains qui semblent les avoir incessamment modifiées. Le Saint-Siège contribuait en partie à la dépense ; il fournit, par exemple, à un des officiers du Capitole quatre u cannes a (huit mètres) de drap noir de première qualité. {Archiv. di Stato, Mand. Camer., 1583-1585, fol- 108). Voir page suivante.
de velours noir sont augmentés en proportion de la richesse des costumes. Il est attribué aux conservateurs 90 écus, au prieur, 78; aux caporioni et aux chanceliers, 50; aux prévôts, 40 ; les fonds furent prélevés sur la gabelle de la viande, mais comme elle se trouva insuffisante, le Saint- Siège qui avait déjà fourni aux officiers du Capitole pour se faire des vêtements de deuil mille mètres de drap rouge sombre de Florence, cinq cents mètres de drap de qualité inférieure de Sienne de même couleur, et deux cents quarante mètres de drap de Flandre, accorda en outre quinze cents écus en deux fois (30 août 1590) ^
Les fêtes qui suivirent le couronnement et auxquelles le conseil tint à honneur de participer, l'obligèrent à avoir recours à un expédient dont on avait abusé au commencement du siècle, la vente des charges; on afferma l'office du notaire des dépôts du quai Ripa qui fut payé cinq mille six cents écus, car il y avait un gros profit à tirer des sommes qui devaient être laissées en gage entre les mains de ce magistrat ; le titulaire fut toutefois astreint à restituer sa charge SI on lui en remboursait le prix ^ Mais Urbain VII étant mort après deux mois et demi de règne, force fut de renouveler la dépense.
Cette période fut cruelle pour l'édilité romaine ; quatre papes se succédèrent en deux ans '.
Par suite du désarroi qui régna durant les vacances les malfaiteurs reprenaient l'audace que leur avait fait perdre la rigueur de Sixte-Quint; le sénateur dut faire opérer quelques exécutions sur la place du Capitole et le conseil