‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 170 sur 191 · Archiv. Stor. Capit., Cred. vi, fol. 57, n · texte numérisé non relu

Archiv. Stor. Capit., Cred. vi, fol. 57, n

5. Jean Aymon, la Cour de Rome, p. 129. Les tribunaux ecclésiastiques rendaient-ils une justice beaucoup plus exacte ? Mocenigo, l'ambassadeur vénitien dont il a été parlé, dit : « ... mile persone riahe, e che han modo di spendere, par che si procéda cosi rnale che non credo possa quasi esser peggio » et il accuse la justice pontificale de vénalité, citant comme autorité le cardinal de Trani.

dant, la charge de maréchal restait héréditaire dans la famille des Savelli * ; en temps de conclave, son chef prenait le titre de maréchal du conclave ; en cette qualité, il avait le droit de lever des soldats et de les placer où il le jugeait convenable; comme le gouverneur de Rome jouissait d'une prérogative analogue, il en résulta des conflits; en 1667, le prince Savelli et le duc Cesenate, dit Aymon, faillirent en venir aux pires extrémités et il fallut que les cardinaux décidassent, pour ajuster la querelle, que désormais le maréchal aurait la garde de la porte du conclave où se trouvaient les tours par lesquels on introduisait les aliments des conclavistes et enverrait le reste de ses hommes au château Saint-Ange, tandis que le gouverneur aurait la garde des autres portes ^.

Le gouverneur de Rome ou vicaire, de qui l'autotité s'était substituée à celle des magistrats capitolins, surtout en ce qui touchait à l'administration de la justice criminelle 3, était un prélat le plus souvent étranger dont les fonctions devaient durer régulièrement deux ans, mais étaient d'habitude prolongées bien au delà de ce terme. Il avait le pas sur le sénateur et sur les ambassadeurs comme étant, après les cardinaux, le personnage le plus considérable de la ville. Il était juge souverain et «avait prévention » sur tous les autres tribunaux. Sa compétence s'étendait jusqu'à quarante milles des murailles * et il ne

1. Voir Cancellieri, Dissertaiioni sopra la statua del Discobolo, Rome, 1806, p. 42.

2. Au vrai, le gouverneur de Rome était alors Federico Borromeo.

3. « Neî f^overno di Roma tiene il primo hiogo il governatore la cui autorità in materiacriminale è assoluta ». Relation de Théodore Amayden. (/ tesori délia cor te di Roma^ p. 116).

4. Régulièrement sa juridiction aurait dû s'étendre à cent milles mais les statuts et les usages avaient réduit le périmètre à quarante milles.

pouvait être fait appel de ses sentences que par un bref du pape ; il avait le droit de rendre des jugements contraires aux prescriptions des statuts ; toutefois, il n'avait pas le droit d'excommunier ; les juifs étaient sous sa juridiction ^ Il jugeait les affaires entre laïques et ecclésiastiques et toutes celles concernant les salaires des ouvriers et serviteurs ainsi que les causes qui exigeaient « une prompte solution ». Il tenait séance tous les jours non fériés à partir de midi et avait trois assesseurs, deux pour les causes civiles, un pour les causes criminelles ^ ; ce dernier était laïque, apparemment parce qu'un ecclésiastique n'aurait pu, le cas échéant, appliquer la peine de mort ; au surplus, avant de ratifier une sentence de ce genre, le gouverneur était tenu d'obtenir du pape son acquiescement et l'exonération des condamnations qu'encourraient les ecclésiastiques qui prononçaient des sentences capitales. Les assesseurs clercs n'avaient à juger que des affaires relatives à des loyers en retard et à des engagements non tenus; les affaires civiles plus importantes relevaient, en effet, de l'auditeur de la Chambre, lequel jugeait également les ecclésiastiques étrangers accusés d'un crime.

Le gouverneur disposait de quatre-vingts gardes en 1669; plus tard, vers 1690, il en eut trois cents ; un détachement de ces gardes sous la conduite d'un capitaine, escortait son carrosse quand il sortait en gala et des hallebardiers le

1. MoRONi,D/;(.,t. XXXII, p. 8. Cf. Ottaniano Vestri, Pra/îVfl in Romanx Aulx actionum, Cologne, 1597, et Rome, 1609; Cohellio, Notiiia cardinalatus, Rome, 1653, qui ne fait guère que reproduire les indications de Vestri; Plettêmberg, Notifia congregationem, Heidelberg 1693, p. 160 et la Constitutio super re/ormatione tribunalium Urbis(i6ii), qui se trouve dans Fenzonio, p. 711.

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