Gregorovius, t. IV, p. 721 ; La Mantia, p
3. Voir Vendettini, Vitale et surtout Cancellieri, Memorie istoriche dei senatori. Cod. Vat. 9185, p. 62 et sq.
4. « Interea Roma a XXF Senatorihus administrabatur. » Duchesne, Liber pontificaliSy t. II, p. 350.
la légende : ROMAN. PRICIPE, de l'autre côté, saint Paul avec le glaive dans la main droite, TÉvangile dans la gauche, et la légende : SENAT. POPVL. Q. R. \ Plus tard, le type changea. On voit sur la face le Christ assis, bénissant, entouré d'étoiles, avec ces mots, qui devinrent comme la devise de Rome au moyen âge : ROM A CAPVT MV. S. P. 0. R. Sur le revers, saint Pierre debout, tenant les clefs d'une main et présentant, de l'autre, un étendard à un homme agenouillé, vêtu d'une simarre et la tête couverte d'une barrette, et qui figure certainement le sénateur. On lit à côté SEN-ATOR VRBI. — S. PETRVS ^ Enfin, on substitua à ces compositions un lion passant à gauche et la représentation symbolique de Rome : une femme assise, tenant dans une main une palme, dans l'autre le sceptre. En légende, d'un côté ROMA CAPVT MVNDI, de l'autre, le plus souvent, le nom du sénateur en exercice K Ce type se perpétua longtemps.
Les papes avaient cessé de battre monnaie depuis plus d'un siècle ^; les deniers du sénat, \ts prcvisini, ainsi nom-
1. Tel n'est pas l'avis de Cinagli qui considère comme les plus anciennes , les monnaies dans lesquelles on voit le sénateur recevant l'étendard des mains de saint Pierre ; ce sont celles que Fioravanti met au troisième rang (Angelo Cinagli, le Monete dei Papi, Fermo, 1848)
2. Ces monnaies étaient, ce semble, à l'imitation de celles de Venise (ducats).
3. Fioravanti, Antiq. Rom, Pont. Denarii; Vitale, t. I, tables; MuRATORi, Antiq. Itah.x. II, dise. 27, p. 637 ;Gregorovius, t. IV, p. 574 ; La Mantia, p. 97 ; V. Capobianchi, Appunti per servire aW ordinamento délie monete coniate dal Sénat 0 di Roma (Archivio. S. Rom. di St. Patria^ XVIII, XIX); Venuti, Numismata Pontificum. Le premier nom qui figura sur ces monnaies est celui de Brancaleone (1252).
4. Les dernières monnaies papales semblent être de Benoît VII (mort en 984) ; cependant Fioravanti en attribue à Pascal II (999). Après lui, en tout cas, il y eut une interruption dans la frappe qui se prolongea jusqu'au commencement du xiv« siècle. Benoît XI, en 1304, fit de nou-
mes sans doute par assimilation aux deniers de Provins, se substituèrent aux monnaies papales, au point que les papes les considérèrent comme leur propre monnaie. Innocent III écrivait, en 1208, aux consuls de l'agriculture : « Nostram recipiatis monetam qtix vulgo dicitur de senatu \ »
La frappe de ces monnaies était une source de revenus pour le sénat à laquelle il ne renonça plus tard que malaisément. Il s'en était créé une autre plus importante en s'emparant de tous les revenus de la ville et en confisquant les biens du clergé auquel les Romains prétendaient imposer la désappropriation complète, conformément aux idées que leur avait suggérées Arnaud de Brescia ^.
Au reste, cette grave décision ne fut pas la seule que prirent les Romains à l'instigation de l'ardent novateur; ils supprimèrent, sur ses conseils, la charge de préfet, réformèrent « l'ordre équestre ». Il s'agit là, apparemment, de cet ordre intermédiaire, h gentil ei^ia, composé de gentilshommes
veau battre monnaie. Voyez, outre les auteurs cités plus haut, P. Fabre, « le Liber Censuum » de l'Église romaine, 1880, p. 14.
1. Balutius, Epist. Innocenta III, t. II, lib. 2, p. 203, Epist. 135. Toutefois, Grcgorovius pense qu'il y eut, durant un temps, des solidi papx simultanément avec les denari senatus. Il s'appuie sur un passage contenu dans Mittarelli (t. IV, n. 53, n. 98). Cf. Ducange, Denarii
Senatus.
2. Sur Arnaud de Brescia et l'influence qu'il put exercer à Rome, consultez, outre les monographies un peu lointaines déjà de Victor Clavel (Paris 1868) et Georges Guibal (Pans, même année), les ouvrages de G. B. Guadagnini, Apologia di Arnaldo da Brescia (Paris, 1790, 2 vol.), de Castro, Arttaldo da Brescia e la Revolu^ione romana del XII secolo (LivouruQ iSj )).
Quoi qu'on en ait pensé jadis, il semble certain qu'Arnaud n'était pas présent à Rome lors de la révolution de 11 43, mais ce furent ses idées, déjà répandues dans toute l'Italie, qui prévalurent et qui peut-être précipitèrent la crise. D'ailleurs, il ne tarda pas à venir lui-même soutenir le zèle des Romains. Ce fut lui qui les poussa aux mesures les plus radicales.
appauvris et de plébéiens enrichis, et qui eût pu devenir la bourgeoisie si elle n'avait disparu si vite ^
Ainsi affermi et soutenu, le nouveau régime aurait eu toute chance de durée, si les Romains s'étaient employés à le défendre avec autant d'énergie qu'ils en avaient mis à l'établir, mais ils se laissèrent intimider par les menaces de l'empereur d'Allemagne (1155). II augmenta l'autorité du sénat, dit un chroniqueur, mais le mit sous sa dépendance. « D. Imp. confirmabit senatum perpetuo in eo vigore in quo mine est et augebit eum tali tenore lit,., ei subjectus fiât. » Une bulle d'or attesta la faveur impériale \
Barberousse porta un coup plus rude au sénat en rétablissant le préfet qui devint, par suite d'une convention conclue en 1 177 entre l'empereur d'Allemagne, l'empereur de Constantinople, le roi de Sicile et le pape, l'un des fonctionnaires du Saint-Siège K Le préfet prêta dès lors serment au souverain pontife : « EgoPetnis, Urbis Prœfectus,juro quod terram quant mihiD. Papa procur and am commisit , fideliter procurabo ad honorent et profectuni Ecclesiœ » (22 février 1 198) 4.
A ce changement, le préfet perdait assurément une partie
1. v...Quare rexdificandum CapitoUum, renovandam dignitatem senatoriam, reforniandum equestrem ordinem, dociiit. » (Otto de Freising, De rébus Fridenci,l II, c. 24. Cf. Guntherii Ligurinus, lib. III, cités' par Hegel, p. 552).