‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 27 sur 191 · Voyez Gregorovius, t. IV, p. 570, note · texte numérisé non relu

Voyez Gregorovius, t. IV, p. 570, note

3. Henri VI protesta ensuite contre cette concession et nomma un anti-préfet. Mais Innocent III fit prévaloir les droits de l'Église et obligea le dernier préfet impérial, Pietro, à lui rendre hommage : « Ad ligiam fidelitatem recepit, de prœfeclura eum publiée investivit qui usque ad id tempus juramento fidelitatis imperatori fuerat obligatus (Gesta Frederici, c. 8, ép. I, 23 dans Gregorovius, t. V, p. 22). Il y avait déjà eu un antipréfet en 1080.

4. Baluze, Epistoîar. Innocenta III, t. I, p. 329. Paris 1682. Cf Baronius, XXI.

de l'indépendance dont il avait si largement usé alors qu'il était le représentant, la personnification d'un souverain lointain et souvent impuissant; le pape pouvait être autrement exigeant.

Naguère encore tous les biens des personnes mortes sans enfants dans la cité léonine devaient lui être dévolus % ce qui montre que le préfet, en sa qualité de représentant de l'empereur, était considéré comme le possesseur légitime du sol et l'héritier régulier, à défaut d'héritiers directs, de ses sujets romains.

Néanmoins, le pouvoir du préfet restait encore grand. La police, l'approvisionnement de la ville furent confiés à ses soins au détriment du sénat et on lui attribua aussi la répression des actes de brigandage et d'insubordination dont se rendaient journellement coupables les seigneurs des alentours. Dans les cérémonies, lors du couronnement des nouveaux papes, le préfet jouissait des mêmes prérogatives qu'un sénateur; il marchait tout à côté du pape (couronnement d'Innocent III, en 1198^ et couronnement de Grégoire IX, en 1227 5). Le quatrième dimanche de carême, il recevait la rose d'or qu'il portait ensuite triomphalement tout autour de la ville.

Les papes ressaisissaient donc déjà une partie du pouvoir qui venait de leur être arraché; ils ne tardèrent pas à le recouvrer tout à fait.

En 1178, Alexandre III, appuyé des barons, avait obligé les sénateurs à lui rendre hommage. Le Saint-Siège ne réclamait pas encore le droit de désigner lui-même les repré-

1. Calixte II mit fin à ce privilège en 1122 (Moretto, Ritus dandi Presbyterium Papx, Rome 1741, App. III, p. 332).

Page 1