‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 29 sur 191 · Gregorovius, t. IV, p · texte numérisé non relu

Gregorovius, t. IV, p

runt LVI senatores et constituerunt eos supra se; prius enim habuerunt untim solum senatorem, gui cog no minât us erat Carushomo qui regnavit super eos duohus annis et deinde habuerunt alium senatorem qui vocatus est fohannes Capuche qui similiter regnavit super eos duobus annis; in quorum temporibus melius regebatur Roma quam in temporibus LVI senatorum \ »

De fait, à partir de cette époque, la magistrature sénatoriale ne fut plus guère attribuée qu'à deux personnes, voire ci une. En 1199, en 1290, en 1201, de 1204 à 1223 un seul sénateur siégea au Capitole; au contraire, en 1203, en 1226 on trouve plusieurs sénateurs, mais le fait devient de plus en plus rare et, à partir de 1236, on n'en voit jamais que deux. « Creatus est alter senator, écrit Mathieu Paris en 1237, ut duorum senatorum prudentia et fortitudine duplicata Romanorum insolentia comprimer etur ^. »

Cette diminution du nombre des sénateurs les mettait à la discrétion du Saint-Siège. Nous avons vu d'ailleurs qu'il disposait de plus d'un moyen d'action sur eux.

En outre, une modification importante s'était concurremment opérée dans leur recrutement. Les nobles, grâce à leur influence et peut-être à des moyens violents, avaient envahi le sénat et supplanté les plébéiens.

Cette substitution s'accomplit un peu après la convention de 1 188. Otto de Freisingen rapporte que les sénateurs, qu'il nomme consuls, étaient parfois tirés des trois ordres, peuple, gentik:^ia, noblesse, mais que, le plus souvent, il n'y avait parmi eux que des « illustres », c'est-à-dire des nobles ^

1. RuGERii HovEDENi, AnHaks Rerum Angïicarum, Antiq. part, pos^ ter.^ 1696, p. 424.

2. Hist. Majoris, Londres 1640, vol. Il, p. 437. Vendettini, p. 216,

3. Voyez, touchant les noms de cottsuleSy proceres, majores attribués alors aux nobles, Hegel, p. 547.

En effet, dans les listes de sénateurs qui ont été conservées, on commence à trouver des noms appartenant aux familles baroniales, les Fragapane (Frangipani) entre autres (1190). En 119 1, un accord fut conclu entre les sénateurs et le pape, dont le but était d'exclure des avantages accordés aux cinquante-six sénateurs par Célestin III, les nouveaux sénateurs élus en sus de ce chiffre, ce qui montre, soit dit incidemment, que cette magistrature ne laissait pas d'être fort recherchée. Or, parmi les signataires de cet acte, la plupart sont des nobles '. En 1197, les treize sénateurs dont les noms nous sont connus appartiennent presque tous à la noblesse. Giovanni Paparone, seigneur de Civita-Castellana, Leone Fraiapane, Giovanni di Ceccano, comte Giordano Ursino, Jacobo Oddi. On n'a qu'à comparer ces noms avec ceux des premiers sénateurs pour comprendre que la physionomie et les tendances du sénat devaient s'être bien modifiées. En 1198, le sénateur unique, Scotto Paparone, était un Romain d'antique race.

Ce fut avec son concours qu'Innocent El, dont il était quelque peu le parent, porta un coup décisif à l'institution sénatoriale. Il lui persuada de se démettre de ses fonctions^ puis, ayant gagné le peuple par quelques faveurs, il obtint qu'il renonçât dorénavant à son droit de désigner lui-même les sénateurs ^ Des magistrats spéciaux, les mediani, furent chargés du soin de choisir les candidats auxquels le souverain pontife donnait ensuite l'investiture '. Le pouvoir du

1. Cette convention est datée du 28 mai 1191 (Muratori, Antiq. Italie, t. IV, p. 35).

2. Gregorovius, t. V, p. 28. PorrHAST, Reg. Pont. Rom. Innocent III avait été élu cette année même.

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