‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 30 sur 191 · Villari, p · texte numérisé non relu

Villari, p

medianus était absolu; il nommait sénateur qui bon lui semblait \

Le pape n'opéra pas toutefois cette révolution sans quelque ménagement. Des registres d'Innocent III, il semble découler que le niedianus fut quelquefois désigné par l'assemblée populaire. Mais le peuple n'avait que les apparences de la liberté car on lit dans l'histoire anonyme de la vie de ce pape : « Quod ipse Senatum non faciebat commutiem, sed eum in Senatorem eligi faciebat qui suis propitius et aliis erat infestius \ » En même temps et comme conséquence, les juges qui représentaient le pouvoir sénatorial hors de Rome, les justiciarii, furent remplacés par des envoyés pontificaux '.

L'institution sénatoriale avait donc déjà traversé deux phases : la phase populaire et d'hostilité déclarée contre la papauté; la phase d'entente avec la papauté durant laquelle son autorité est diminuée et sa composition transformée au profit des nobles; enfin commencera bientôt la troisième phase, la phase pontificale dont nous allons traiter tout à l'heure.

Il ne faut point toutefois conclure de ce qui précède que les Romains avaient à ce moment tout à fait renoncé à leurs franchises municipales. Plus d'une fois durant le cours du xiii^ et la première partie du xiv^ siècle, le peuple

1 . Gesta Innocenta. « Eîecto per mediantim suum alio Senatore, tant in Urheqmm extra, patrimoniiim recuperavit nuper amissum. » et « Feceriint nuntios destinari qui ad eligendum peterent medianos de iis qui Romz Senatores eligehant. » Migne, Patrohgie, vol. 214, cité par Ducange t IV col. 628. ' * '

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