Ibid.y p. 216; Rainaldus, ad. an. y n
dignité sénatoriale à vie ' et, pendant près d'un siècle, cette coutume prévalut. C'est la troisième transformation de l'institution, la phase pontificale.
Afin d'amener les Romains à ce sacrifice, on leur avait donné l'assurance que leurs libertés seraient respectées, leurs règlements améliorés. Deux cardinaux furent envoyés à Rome, le 27 juillet (1278), pour procéder à une enquête. Le 3 août, Nicolas de Viterbe déclarait qu'il n'était nullement question de priver les Romains du droit d'élire leurs sénateurs ^
Les souverains pontifes ne remplissaient pas eux-mêmes les fonctions de sénateur ou, du moins, très rarement. Us se déchargeaient de ce soin sur des vicaires, des vicesénateurs, ainsi que l'acte d'investiture leur en donnait expressément le droit. L'un des premiers vicaires que nomma le successeur de Nicolas III, Martin IV, fut le roi de Naples, Charles d'Anjou, tant les décisions les plus solennelles étaient alors rapidement oubliées et tournées K
1 . « Carohim Regem Sicilix Papa Nicoîaus a Vicarîo Tuscix removens, Constitutiones Jecit tam de eîectionibus Prœhtorum quam eîectione Senatoris Urbis Romœy et se senatorem ad vitam fieri procurans, Senatoriam jussit per suos parentes fere per annos duos régi ». (Guillaume de Nangis, ad. an. 1278. Cf. Sterone, germanicarum Rcrnm script. , vol. I, p. 390. Les termes sont presque identiques.) Le titre de sénateur était conféré au souverain pontife, non en sa qualité de pape mais en tant qu'homme privé. « 'Non rationc papatus veîpontificalis dignitatis sed ratione sux personx. »
2. Voyez, à ce sujet, le travail anonyme (il est du Père jésuite Fedele Savio) relatif au règne de Nicolas III paru dans la Civiltà cattolicay janv. iS()4, Qiiaderni 1046-1058, p. 281. Aussi Gregorovius, t. V, p. 553 et Cod. Val. Lat. 3972, fol. 136 A, et les Reg. Nie. III, Archiv. Seg. Fat. vol. I, fol. 88 b.
3. Theiner, t. I, p. 248. Cf. C. PiNZi, St. di Viterho, t. II, p. 396. Le même auteur donne, p. 395, 435, 440, 444) 447j 449» 450» 455» 462 des renseignements intéressants et souvent inédits sur les sénateurs de Rome.
(Bulle datée d'Orvieto, le 29 avril 1281). Plus tard, de 13 14 à 1337, le vicaire du pape fut presque constamment Robert, roi de Naples, qui lui-même déléguait son pouvoir à des représentants tout en gardant la haute main sur les
affaires de la ville ^ .
Tant que dura l'exil d'Avignon, les papes eurent plus que jamais besoin de confier à des délégués le soin de remplir la magistrature sénatoriale. Excepté au temps du roi Robert, ils désignaient généralement eux-mêmes leurs vicaires, parfois cependant ils déléguaient ce soin au légats Ces vicaires s'intitulaient : Senatores pro sancta Romana Eccle.na et Domino nostro Papa deputati ou bien. Ad heneplacitum Domini nostri Papœ, ou bien encore, plus simplement, faisaient suivre leur nom du qualificatif de Vicegerentes K
A partir de Clément V (9 mars 1307), les papes désignèrent régulièrement deux vice-sénateurs ; quelquefois, à ces deux vicaires étaient adjoints deux recteurs ^.
Les papes choisissaient soigneusement les deux sénateurs dans chacune des deux familles baroniales des Colon na et des Orsini, qui se disputaient la prééminence à Rome ou parmi leurs adhérents. Ils se flattaient ainsi de maintenir entre elles la balance égale. Durant toute la première moi-
1. Une confirmation de janvier 13 14 porte : « Magnificus vir dei
^ratia àlmx Urbis ilîustris régi us in Urbe Vicarius... » (Gatti, p. 60.)