Theiner, t. I, p
3. Outre Theiner, passim, voyez Villani, X, 53, 54, 85. Gatti, p. 61, 87, 88, 89, 115. Confirmations portant « Urhis Senator et Capitaneus » ou « Senator et Capitatieus romani popuîi » ou « Senator et capitatieus auctoritate Sedis apostolicx deptitatus ))0U « Senator et capitaneus sectindum formant capilulorum » . Goniez Albornoz prendra plus tard le titre de (■< Senator et populi romani generalis ad guerras capitaneus », mais dans une autre acception.
LES SÉNATEURS PONTIFICAUX 6î
pagnaient ou bien veillaient à leur sûreté au Capitole. Ils étaient payés par la commune. Quand le sénateur fut étranger, il les amena avec lui et la commune supportait encore tous les frais de leur voyage ' .
Les premiers sénateurs s'étaient arrogés le droit de juger les procès dans lesquels se trouvaient impliqués des clercs ; le Saint-Siège protesta violemment mais en vain. Une convention conclue entre le peuple et le pape, en 1235, établit que désormais aucun clerc, aucun religieux résidant à Rome ou y étant venu temporairement, ne pourrait être cité devant un juge séculier. Les sénateurs étaient même tenus de les prendre sous leur protection et d'empêcher qu^ cette immunité ne fût point violée par les autres officiers de la municipalité ^.
Une inscription en vers, remontant à l'année 1296, énumère les devoirs des sénateurs ''.
Roma, senatores, mandat si vultis, honores Hœc cusiodiri, se fertilitate poiiri.
Justiiia lœta sit, pîebs et pace quieta. Supplicia dignes cunctos punite tnalignos; Dignaque majores compescat pœna minores;
1. La Mantia, p. 124. Le texte dit : « Secundum formam Statuti Urhis. » Formule intéressante à noter.
2. Voyez Raynaldus, ad. an,, n. 4. Papencordt, p. 293. Les sénateurs prétendaient également étendre leur juridiction sur les territoires relevant plus ou moins effectivement de la commune de Rome. En 1305, le sénateur Paganico délia Torre se fait l'arbitre d'un différend entre les habitants de Toscanella et leur seigneur. (Document cité plus haut, p. 5 1 , note 2. Campanari, Tuscania edisuoi Monumentiy Montefiascone, 1856, t. II, p. 189). En I3S5, autre affaire avec un habitant de Vitorchiano (Archiv. S. Viterbese, Perg, 546.)
3. Cartari, Syîlabus Advocatorum Consistorialium \ Forcella, Iscri^,
di Roma^ t. I, p. 25.
SU vohis cura Camerx defendere jura Et pupillorum, defensoresque domorum suis sacrarum ; sic pauperis et viduarum Partibus auditis vos respondere veîitis : Litesfinite cita sed decerriite rite.
On a vu que la constitution de 1278 interdisait d'investir les souverains ou même les grands personnages étrangers des fonctions sénatoriales. Cette inhabilité fut étendue aux habitants du Transtévère et de la cité léonine que Ton considérait comme n'étant pas citoyens romains, bien qu'une très vieille tradition veuille qu'en ces quartiers précisément se rencontrent les types les plus purs de l'ancienne race romaine. En 1 307, Clément V renouvela cette interdiction ^ . Cependant il y était parfois dérogé, mais c'était par ordre spécial du souverain pontife et cette faveur était considérée comme une marque éclatante de sa bienveillance ^.
La durée des fonctions sénatoriales ne dépassa plus le terme fixé par Nicolas III. Il était contraire aux usages qu'un sénateur fût réélu; le fait se produisit cependant '. A partir du commencement du xiv^ siècle, les sénateurs durent même être renouvelés tous les six mois et aucune prorogation de pouvoir ne fut plus autorisée -♦. Le renouvellement avait lieu
1 . ConstitiUio ne guis civis romanus de regione Transtiherina in Senatorem Urhis assumatur (I, 54, ep. 683) dans Cancellieri, op. cit., p. 94.
2. Theiner, t. I, p. 408; DE Rossi, Bull. Arch. corn., an. X, p. 136; Reg. Clem. V. (Rome 1887). Reg. 54, fol. 146 b, pour l'année 1307.
3. Par exemple, en ce qui concerne Brancaleone, Giovanni et Stefano Colonna.
4. Reg. Clem. V, Reg. 54, fol. 151, 8 octobre 1307. Reg. 55, fol. 231, 13 août 1308, Reg. 56, fol. 270 b, 3 juin 1309. Cf. Theiner, t. I, p. 218 et 429, t. II, p. 66. Cancellieri, op. cit., p. 94, 95 et ailleurs cite un grand nombre de brefs de nominations tirés des registres de Clément V, de Benoît XII, de Jean XXII, et autres.
à la Noël et à la fête de saint Jean-Baptiste (Nativité) le 24 juin '. Parfois même, les sénateurs n'étaient nommés que pour trois mois, sans doute lorsqu'il s'agissait de pourvoir à une vacance % de remplir un intérim.
Il semblerait qu'il était défendu aux sénateurs, tant que durait leur charge, d'acquérir des biens à Rome K
Le salaire de chaque sénateur, pour les six mois qu'il restait en fonctions, était de quinze cents florins d'or ^. Mais il devait appointer lui-même les officiers de sa maison, les juges qu'il nommait et peut-être ses gardes.
On exigeait des sénateurs, comme de leurs subordonnés, un serment d'obéissance aux coutumes et l'engagement de rendre équitablement la justice K En sortant de charge, les uns et les autres étaient soumis à l'épreuve du syndicat. Si, dans cet examen contradictoire de leur gestion au cours duquel toutes les plaintes portées contre eux par les particuliers étaient examinées, les sénateurs étaient reconnus coupables d'avoir mésusé de leur autorité, on les condamnait à une forte amende. Nous avons constaté que cette institution tutélaire, qui prit plus tard une très grande importance, existait déjà au temps du sénateur Charles d'Anjou. Toutefois, à l'époque qui nous occupe, l'exa-