‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 85 sur 191 · CaMILLO Re, p. LXXXVIII, MORONI, t. VIII, p · texte numérisé non relu

CaMILLO Re, p. LXXXVIII, MORONI, t. VIII, p

5. Antonii Pétri, Diarium ronmnum. Murât, t. XXIV, coL 1054. .6 Cod. Val. 5994, fol. 72. Année 1428.

Au point de vue de la salubrité et de la viabilité de la ville, Martin V institua un régime nouveau.

Depuis l'exil d'Avignon, Rome présentait un aspect lamentable; les rues étaient encombrées d'immondices, défoncées ou hérissées de pierres, les places publiques servaient de dépotoirs; partout ce n'étaient que cloaques \ En outre, chacun s'emparait sans vergogne de la voie publique; les petites gens y construisaient leurs maisons, les nobles barraient les rues, entouraient de palissades des quartiers entiers '; les anciens monuments, le Colisée surtout, étaient transformés en forteresses et, qui pis est, en carrière de pierres. Les murailles tombaient en ruine et les ponts s'effondraient K

Le pape, dans la pensée de porter remède à cet état de choses, renouvela la magistrature des magistri œdificiorum, qui avait disparu, par suite de la misère des temps, au cours du siècle précédent ^. Une tentative faite par Alexandre V, en 141 o, pour la faire revivre avait échoué 5.

1. Bref de Martin V. (Theiner, t. III, p. 290), 31 mars 1425. « Les bouchers, les marchands de poissons, les peaussiers, les tailleurs, dit le pape, ont envahi les plus beaux quartiers et y exercent leur industrie jetant sur la voie publique les viscères, les intestins, les têtes, les pieds, les carcasses, les peaux des animaux tués, des poissons pourris, du fumier, des matières fécales. »

2. Malgré les prescriptions formelles des statuts de 1363, liv. II, art. Lxvi, De sharris.

3. Le Pogge a tracé un tableau fameux de Rome vers ce temps {De Varietate fortunx Urhis Romœ.)

4. Magnum Bullarium, t. IV, p. 716. « Officium multo temporis decursu m'gleclum » dit le pape. On se souvient que les statuts de 1363 avaient témoigné d'une certaine bonne volonté pour la conservation des monuments ; ils avaient même défendu qu'on abattît, comme cela se pratiquait, les maisons des condamnés « ut romana civitas non de/or metur ». (Variante du texte citée en note par Re, p. 141.)

5. Bardus, Facultates curatonim viarum... 1565; Brugiotti, Epi tome Juris viarum... 1669.

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La bulle d'institution qui porte la date du 3 1 mars 1425, conférait aux magistri œdificiorum les pouvoirs les plus étendus pour faire respecter leurs décisions; ils avaient le droit d'infliger des amendes, de prononcer des jugements, de les faire exécuter en invoquant au besoin le concours de la maréchaussée. Au titre de Magistri cedificiorum qu'ils portaient antérieurement, le pape ajouta celui de Magistri viamm que justifiaient leurs nouvelles fonctions \ Leur salaire était de cent florins par an.

Généralement ces magistrats n'étaient qu'au nombre de deux ^.

Sans doute, ils ne suffirent pas à leur tâche car, en 1432, on trouve, à côté d'eux, un gardien des édifices publics et des murs, auquel le pape (Eugène IV) alloue un salaire mensuel de quatre florins, plus un florin à l'Assomption et un florin au carême ^

Rien n'est plus difficile i\ faire observer que les prescriptions de salubrité ; chacun les approuve mais cherche, en ce qui le concerne, à se soustraire aux charges qu'elles imposent; si on ne résiste pas ouvertement, du moins ne met-on aucune hâte à s'y soumettre. Souvent par son indolence l'autorité est complice de cette négligence. Aussi ne devons -nous pas nous étonner si, à peine

1. A la date du 9 mars 1430 {Div. Camer.^ voL XIII, fol. 33). A la date du 16 juin 145s {Ihid.y vol. XVIII, fol. 31), il n'est donné à ces fonctionnaires que le titre de Magistri viarum. Ailleurs, les deux titres sont réunis.

2. Theimer, t. III, p. 290, confirmé par le décret de nomination des deux premiers officiers. (JDiv. Camer.y vol. IX, p. 37). Il en était de même en 1430. Lettre adressée par le pape à jacobo LelH Alexi de Regione Arenulae et à Rentio Renzulini deRegione Pinae à propos de la réfection d'un petit pont, 9 mars 1490 (DtV. Camer.y vol. XIII, p. 33).

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