‹ Les institutions d'AthènesChapitre 102 sur 335 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

efforts et une activité intelligente dont l'histoire renferme les nombreux témoignages, et dont le sol a conservé d'impérissables souvenirs.

Il appartenait à une des plus illustres familles d'Athènes. Une éducation soignée et les leçons du philosophe Anaxagore le préparèrent aux plus hautes destinées. Il renonça d'abord aux affaires et se donna tout entier à la guerre. L'éloignement de Cimon, occupé à de lointaines expéditions, le jeta dans le parti populaire, et « il préféra au petit nombre des riches la multitude des citoyens pauvres (1). » Il se réservait pour les grandes occasions, soignait son éloquence, et arriva à une telle puissance, que Thucydide put dire de lui : « Quand je l'ai jeté par terre, il soutient qu'il n'est pas renversé, et il finit par le persuader aux spectateurs (2). »

Il fit bannir, puis rappeler Cimon, et après sa mort, exerça un pouvoir presque absolu. Il s'attacha le peuple en lui persuadant qu'il gouvernait, et s'assura sa faveur par des fêtes, des'jeux, des banquets et des services plus sérieux. Il fit servir à l'embellissement d'Athènes le trésor de la Grèce et persuada à ceux qui s'en plaignaient que la gloire d'une ville se répandait sur toutes les autres, et que sa puissance garantissait la sécurité commune.

Il disposait des revenus, des armées, des flottes, des îles et de la mer. « Il exerçait seul cette vaste domination qui, s'étendant sur la Grèce et sur les Barbares, était encore soutenue par l'obéissance des nations soumises, par l'amitié des rois et l'alliance

(1) Pltjtarqde, Périclcs, 8.

(2) Pldtarque, Fériclès, 10.

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des princes (l). » Son pouvoir se continua pendant quarante ans au milieu des oppositions les plus vives.

Sagement préparées, ses expéditions militaires étaient hardiment exécutées. Pendant qu'il étonnait les peuplçs et les rois en leur montrant la puissance d'Athènes, il empêcha les excès intérieurs, et, laissant à chaque citoyen toute sa liberté, il favorisa le développement des facultés de ce peuple privilégié et conserva à l'intérieur la paix et Tharraonie.

Avec le titre de stratège, renouvelé tous les ans, il guida un peuple qui paraissait ingouvernable, et donna à sa politique une suite dont ne paraît pas capable le pouvoir populaire.

Il connut, comme tous les hommes supérieurs, l'ingratitude. Le peuple aimait à se jouer de ceux à qui il obéissait. Un jour, il inflige une amende à Périclès, mais il déclare qu'il le croit plus propre que personne à répondre aux besoins de la république. De son côté, il ne ménageait pas le peuple, mais avec quel art il le traitait!

c( Périclès, dit Thucydide, était puissant par sa dignité et par sa prudence; il savait, d'après l'ascendant qu'il exerçait sur les esprits, les contredire, mxême en s'opposant de front à leur humeur. Quand il les voyait insolents et audacieux hors de raison, par ses discours il les rejetait dans la crainte. Tombaient-ils mal à propos dans l'abattement, il les ramenait à la confiance (2). »

Les villes alliées, lès villes sujettes et les colonies

(1) Plutarque, Périclès, 25.

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