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CHAPITRE IV

quelques hommes, mais pour le bien de la majorité, notre constitution est appelée démocratique.... Athènes veut que tout citoyen s'occupe des affaires publiques et qu'on les discute avant d'agir, afin que l'action soit plus sûre et plus énergique. »

On ne voulait pas être soumis à un seul homme, mais lorsqu'un homme mettait au service de tous son intelligence et son dévouement, on ne supportait pas seulement sa domination, on l'acclamait.

Par les hautes qualités de son esprit, Périclès était le représentant de ce peuple, et il en fut, malgré quelques protestations passagères, l'inspirateur éloquent et le conducteur écouté. Il jeta sur le sol sacré de la ville, sur cet Acropole que le pied du Mède avait souillé, et la flamme dévasté, des monuments que le temps et les hommes ont pu atteindre, mais qu'ils ont été impuissants à faire disparaître. Ils gardent encore, dans leurs ruines, la pureté de leurs lignes, la grâce sévère de l'ensemble, la perfection délicate des détails.

Tous les arts concoururent à faire d'Athènes la reine de la Grèce, et le peuple se montra digne par son appréciation éclairée de cette multitude de chefsd'œuvre. Ce n'est pas qu'il ait toujours été juste envers tous, et qu'il se soit toujours tenu en garde contre lui-même, mais rien de ce qui touchait à la gloire ne le laissait insensible, rien de ce qui était beau dans les manifestations diverses de la littérature et des arts n'échappait à son goût, rien de ce qui pouvait assurer ou étendre son pouvoir n'était longtemps méconnu ou rejeté. C'est par ses grands hommes qu'il paraît au premier rang parmi tous les

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peuples. Mais si Dieu distribue le génie comme il lui plaît, le milieu où il le jette l'étouffé ou lui donne un plus vigoureux essor.

Cette époque, qui a reçu le nom de siècle de Périclès, a vu la réunion la plus étonnante d'hommes supérieurs en tous les genres. C'est un des points culminants de l'humanité. On s'y arrête avec joie et on en est fier comme s'il s'agissait de compatriotes et de contemporains. Pourquoi faut-il que la guerre et la plus terrible des guerres, celle qui arme les uns contre les autres les citoyens d'une patrie commune, en remplisse la plus grande partie? C'est, sans doute, après les épreuves les plus redoutables, ou au milieu même de leurs fureurs, que naissent et croissent les plus beaux génies, et on ne pense pas les acheter trop cher au prix du sang; mais l'homme n'en est pas moins pour lui-même le plus constant et le plus redoutable des ennemis.

La guerre du Péloponèse.

1. Sparte et Athènes se trouvaient en présence, l'une regrettant la prépondérance perdue, l'autre fière de l'hégémonie conquise et jalouse de la conserver. La première dominait dans la confédération des peuples du Péloponèse et d'une partie de la Grèce centrale, l'autre retenait dans son alliance recherchée les villes maritimes et un grand nombre d'îles.

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