‹ Les institutions d'AthènesChapitre 106 sur 335 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Sparte prétendait laisser leur indépendance aux alliés qui* s'étaient rangés autour d'elle, et n'exigeait pas même de tributs. Cependant, son orgueil oligarchique se manifestait par des procédés dont la rudesse native ne comprenait pas toujours la portée blessante, ni les effets odieux. Elle regardait Athènes d'un œil jaloux et montrait en toute occasion pour Périclès une haine qui fait l'éloge de l'ardent patriote, puisqu'elle constate l'étendue et la grandeur de ses services.

La situation des deux villes, les sentiments qui les animaient, l'antagonisme des Doriens et des Ioniens, l'impossibilité de maintenir un équilibre parfait entre deux rivales toujours en présence, expliquent la guerre du Péloponèse. Les luttes qui suivirent l'expulsion des Perses la préparèrent, des causes secondaires la firent éclater.

Corcyre, colonie corinthienne, avait fondé ellemême Épidamne, où ne tardèrent pas à entrer en lutte l'aristocratie et la démocratie. Le gouvernement populaire, resté le maître, fut attaqué par les exilés et demanda le secours de Corcyre, puis celui de Corinthe (1). Corinthe leur envoya une garnison, rejeta la proposition de soumettre le différend à un tribunal ou à l'oracle de Delphes^ et ne put empêcher Épidamne d'être prise et châtiée (435).

Corinthe prépara sa vengeance et Corcyre implora Tappui d'Athènes. Les ambassadeurs des deux villes se rencontrèrent et firent valoir tour à tour leurs raisons. Athènes finit par se prononcer pour Corcyre, et envoya des vaisseaux dans la mer Ionienne.

(1) Voir Thucydide, I, 25.

198 INSTITUTIONS d'aTHÈXES

Après un terrible combat naval, où les Gorcyréens furent plus maltraités que les Corinthiens, ceux-ci. rencontrèrent vingt vaisseaux athéniens qui allaient se réunir aux dix premiers. Les Athéniens n'essayèrent pas d'arrêter la flotte de Gorinthe. Ils se contentèrent de déclarer qu'ils l'empêcheraient d'aller à Gorcyre. Le traité n'était pas rompu, mais Gorinthe sentit l'injure, et Sparte veilla.

Potidée, colonie de Gorinthe sur l'isthme de Pallène, subissait à la fois l'influence de sa métropole et celle de Perdiccas, roi de Macédoine. Athènes lui ordonna de raser ses murailles et de donner des otages. Potidée essaya de faire rapporter ces exigences et, en même temps, implora le secours de Sparte et de Gorinthe. Sparte promit son appui et Gorinthe le donna. Athènes investit Potidée que les Corinthiens tentèrent vainement de dégager.

Après une grave défaite, ils portèrent l'afifaire devant les alliés réunis à Sparte. Quelques villes, mécontentes et depuis longtemps hostiles à Athènes, Égine et Mégare, se montrèrent favorables à ces plaintes. Le héraut que Périclès envoyait à l'assemblée fut tué en chemin ; Athènes répondit par des mesures que les Mégariens accusés trouvèrent injustes. Ils accusèrent la conduite d'Athènes envers ses alliés et reprochèrent aux Lacédémoniens leur indifférence et leur lenteur, lorsque des peuples comptaient sur leur intervention.

Athènes se défendit contre ces accusations, exposa ses griefs et montra tout ce que la Grèce avait à redouter d'une guerre qui armerait les uns contre les autres ses enfants.

Page 1