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CHAPITRE IV

Les Spartiates délibérèrent en secret. Archidaraos se prononça pour la paix, au nom de l'intérêt et de la justice, énumérant les ressources d'Athènes qu'il appelle la ville très forte (1), et montrant les conséquences d'une lutte qui soulèverait la Grèce entière. Athènes avait de nombreux vaisseaux, des chevaux, une multitude d'hommes telle qu'il n'y en avait dans aucun pays de la Grèce. Vouloir lutter contre elle avec des forces disproportionnées, c'était risquer de compromettre la valeur la plus éprouvée et de sacrifier l'avenir.

Maisl'éphore Sthénélaïdas fit prévaloir les résolutions belliqueuses (4.32). Appuyés sur une réponse de l'oracle de Delphes, les Lacédémoniens demandèrent à Athènes le bannissement de la famille des Alcméonides à laquelle appartenait Périclès, la liberté des Éginètes et l'abandon d'un décret qui punissait de mort tout Mégarien trouvé dans l'Attique.

Périclès fit rejeter ces propositions dont chacune était un piège, et dont l'acceptation aurait affaibli et désarmé Athènes. On était dans ces dispositions, lorsque l'affaire de Platées rendit la guerre inévitable.

En 431, trois cents Thébains, entrés pendant la nuit à Platées, sommaient les habitants de se réunir à la ligue béotienne. C'était un acte de guerre en pleine paix. Les habitants, effrayés d'abord, se remirent. Le petit nombre des envahisseurs les enhardit; ils les entourèrent, les tuèrent ou les prirent avant l'arrivée d'un corps qui venait les soutenir.

Athènes, qu'une vieille et fidèle amitié attachait à Platées, courut à son secours. Elle accomplissait ainsi

(1) A-jva-wrTTàrr.v, Thucydide, I, 80, 3.

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un devoir sacré et n'était pas responsable du massacre des prisonniers qui ne peut être imputé qu'à l'indignation précipitée des Platéens. On le lui attribua, et ce mensonge intéressé fut un prétexte pour une intervention déjà résolue.

Thucydide énumère les peuples et les villes qui prirent parti pour Athènes et pour Sparte. La communauté d'origine détermina les uns; les autres obéirent à des rivalités récentes ou aux sollicitations de l'intérêt. Presque tout l'occident de la Grèce suivit Sparte, à l'exception de Naupacte^ de l'Acarnanie, de Gorcyre, de Géphallénie et de Zacynthe. Tout l'orient, moins la Béotie , fut pour Athènes. Les circonstances changèrent l'attitude et les dispositions de plusieurs États pendant une lutte de vingt-sept ans, mais l'ensemble des belligérants resta le même, parce que les intérêts généraux ne se modifièrent pas.

2. Plus sage que ceux qu'il commandait, le roi Archidamos essaya de négocier. Il prévoyait de grands malheurs. Les Athéniens répondirent qu'ils étaient prêts à traiter si les Lacédémoniens retiraient leurs troupes.

L'Attique envahie fut bientôt un désert. Les habitants s'étaient mis à l'abri derrière les murs d'Athènes, comme autrefois les Athéniens avaient cherché un refuge à Salamine. Les Lacédémoniens firent des incursions pendant trente jours et se retirèrent en Béotie, sans avoir pu amener à un combat ceux dont ils détruisaient les habitations et dévastaient les champs. Cette immobilité , commandée par Périclès, montre quelle idée il se faisait de la supériorité sur

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