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CHAPITRE IV

terre de Sparte et de ses alliés. Combien il eût été d'ailleurs imprudent de livrer, en Attique même, les destinées d'Athènes au hasard d'un seul combat ! Il faut que les Athéniens en aient été bien convaincus, pour qu'ils ne se soient pas départis de cette sage réserve, lorsque le spectacle dont ils étaient tous les jours les témoins excitait leur indignation, et que la douleur de ceux qui se voyaient privés de tout par un ennemi impitoyable leur mettait les armes à la main.

Une flotte athénienne de cent vaisseaux ravagea les côtes de l'Argolide, de la Laconie, de l'Élide, et fit une expédition contre la Mégaride. Égine fut occupée, et les citoyens privés de leurs terres, que Périclès distribua à des colons athéniens, trouvèrent, par la protection de Sparte, un refuge à Thyrée, où ils n'évitèrent pas, plus tard, l'implacable vengeance de leurs ennemis.

Cette campagne se termina par l'alliance d'Athènes avec Perdiccas, roi de Macédoine, et Sitalcès, roi des Odryses (1). Les Athéniens morts dans les combats furent loués par Périclès, et le discours de Thucydide (2) célèbre magnifiquement la grandeur, la gloire et l'influence de leur patrie (3).

Archidamos revint l'année suivante (430) en Attique, y exerça les mêmes ravages, et se retira devant la peste qui dépeuplait Athènes, sa flotte de l'Argolide et son armée de Potidée. Périclès perdit

(1) Il était maître de la mer Egée au Danube et de Byzance aux sources du Strymon, aujourd'hui Strouma ou Kara-Sou.

(2) II, ch. 12.

(3) On croit que c'est dans cette oraison funèbre que se trouvait la phrase célèbre : « L'année a perdu son printemps. » Le discours rapporté par Thucydide ne la contient pas.

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ses deux fils. Si sa douleur se trahit un moment, elle n'enleva rien à sa vigilante énergie.

Des propositions de paix faites à Sparte furent repoussées avec dédain. La prise de Potidée était cependant un grave échec. Les habitants purent sortir avec quelques vêtements, grâce à la douceur des généraux, et mille familles athéniennes prirent leur place.

En même temps commençait le siège de Platées qui devint bientôt un blocus, et se termina l'année suivante, après une lutte effroyable, par une capitulation qui livra deux cents Platéens et vingt Athéniens à l'impitoyable vengeance des Lacédémoniens.

Zacynthe, Géphallénie, l'Acarnanie furent vainement attaquées. Une victoire navale, gagnée par Phormion, effraya les Spartiates dont une seconde tentative ne fut pas plus heureuse.

Le Pirée fut menacé un moment par les matelots de la flotte péloponésienne qui avaient traversé l'isthme. Ils espéraient trouver sans défense le port d'Athènes. Ce qui restait d'hommes dans la ville courut vers la mer, et les vaisseaux ennemis, trouvant l'occasion manquée, se retirèrent.

La mort de Périclès, victime de la peste que l'on croyait finie, fut le grand deuil de cette année (429). Il laissait Athènes sous le poids d'une guerre, dont l'issue était incertaine, mais à laquelle il l'avait habilement préparée. Peut-être mourut-il à temps. « Quelle vieillesse fut celle de Périclès! s'écrie M. Beulé (1). Combien la peste fut bienveillante, qui le déroba luimême à l'ingratitude de ses concitoyens! Déjà on avait exilé Anasagoras, son vieux maître ; ses larmes

(1) L'Acropole d'Athènes, ch. XVIII, p. 319.

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