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CHAPITRE IV

seules avaient sauvé Aspasie. Phidias, son ami, était mort en prison. »

Athènes eut à réprimer l'insurrection de Mitylène dans l'île de Lesbos. C'était au moment où Sparte la menaçait, en demandant de nouveaux efforts aux alliés, et en envahissant l'Attique pour la quatrième fois (427). Sa constance et son activité ne se démentirent point. Elle avait une flotte en Acarnanie ; une seconde ravageait les côtes du Péloponèse, une troisième allait venger à Mitylène, défendue par un Spartiate, Toutrage fait aux traités. Partout, elle tenait tête à l'orage, et montrait une énergie dont Périclès lui avait donné l'exemple et dont il lui laissait la tradition.

Mitylène se rendit. Pachès, qui avait dirigé le siège, demanda comment il fallait traiter les vaincus. Sous l'inspiration de Cléon, Athènes envoya des ordres impitoyables. Mais le lendemain, plus maîtresse d'elle-même, elle voulut réparer sa faute, et une nouvelle galère, expédiée en toute hâte, put arriver assez tôt pour sauver les Mityléniens de la mort et Athènes d'une tache sanglante.

Pourtant, mille Péloponésiens qui avaient soutenu larébellionfurentégorgés;lesmurs rasés, lesvaisseaux confisqués, les terres enlevées à leurs propriétaires et données à des colons athéniens, prouvèrent quel caractère d'atrocité prennent les guerres civiles, et combien Athènes tenait à la fidélité des villes qui faisaient partie de la Confédération.

Les massacres de Corcyre, où les riches et les pauvres, soutenus par Sparte et Athènes, s'emparent tour à tour du pouvoir et commettent les plus abomi-

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nables excès, montrent de quoi les hommes sont capables lorsque la passion les anime. Le sang appelle le sang, et lorsque l'homme, qui a toujours a une bête féroce en soi (1), » est déchaîné, nul ne peut dire où s'arrêtera la fureur de détruire et de tuer.

Démosthène avait eu en Acarnanie des succès importants, et gagné la bataille d'Olpée. Il s'établit à Pylos, sur la côte occidentale du Péloponèse, et forma le projet de confier cette position stratégique aux Messéniens qui menaceraient constamment Sparte. Les Lacédémoniens, pour s'opposer à cet établissement, rappelèrent leur armée et leur flotte. Quatre cent vingt hoplites furent jetés dans l'île Sphactérie. La défaite de la flotte péloponésienne rendit leur situation très périlleuse et leur perte presque certaine. Sparte négocia, donnant ses vaisseaux en garantie de ses promesses. Athènes rejeta ces propositions et refusa de rendre le gage qu'elle avait reçu.

Cependant les Spartiates résistaient, et l'on comptait, pour les réduire, plutôt sur la famine que sur les combats. Mais les Athéniens avaient eux-mêmes de la difficulté à s'approvisionner. Gléon, envoyé pour hâter à tout prix le dénouement, fit assaiUir Tîle avec toutes ses forces. Les Spartiates, harcelés par des troupes légères, se retirèrent à l'extrémité de cette terre devenue pour eux une prison, furent tournés et durent se rendre. Ils étaient réduits à deux cent quatre-vingt-douze (426).

Nicias battit les Corinthiens et prit Méthana dans l'Ai-golide (425).

(1) Le mot est de Frédéric le Grand, et a été écrit à Voltaire. Sainte- Beuve le cite : Causeries du lundi, t. III, p. 122.

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