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CHAPITRE IV

On louait la beauté et les grâces de son corps , « prmcipem fornicV, beau par excellence, d suivant le témoignage de Pline, et Plutarque dit qu'il « fut aimable à toutes les périodes de sa vie (1). » Cette amabilité de son caractère et de son esprit n'aurait, malgré ses mœurs, rien enlevé à l'énergie de son courage, ni à la grandeur de ses projets, et la perfection de son corps, dont Justin a dit « qu'elle inspirait le respect (2), » ne fut pas étrangère à son ascendant.

Il fut le disciple et Tami de Socrate, qui « le fortifiait par ses discours, le faisait rentrer en luimême, le rendait humble et modeste en lui montrant combien il avait de défauts et à quelle distance il était de la vertu (3). » Il dut la vie à son maître dans l'expédition de Potidée, et lui rendit le même service dix ans après à Délium, où il l'accompagna et le défendit pendant une retraite périlleuse (4).

Entré jeune dans l'administration, il dépassa bientôt ses rivaux. Il fit élever à douze cents talents le tribut des alliés, espérant s'en servir pour la réalisation de grands projets que vint contrarier la paix de 4:21. Mais les stipulations de ce traité ne furent pas observées par les Spartiates et leurs alliés. Athènes y mit d'abord plus de bonne foi que son ennemie, mais elle se ravisa et, pour ne pas perdre ses avantages, elle fit, elle aussi, à l'égard de ses engagements, les réserves que lui conseillait l'intérêt.

L'ambition d'Alcibiade accumulait les griefs. Par

(1) Alcibiade, 1.

(2) Erat forma? veneratione insignis.

(3) Plutarque, Alcibiade, 7.

(4) Plutarque, Alcibiade, 8.

une indigne tromperie, il fit rejeter les demandes des Lacédémoniens à l'occasion d'une ligue projetée avec Argos. Les députés se retirèrent profondément blessés, et Nicias, envoyé à Sparte, ne put détruire les soupçons. Athènes fit avec les Argiens, les Mantinéens et les Élécns une alliance offensive et défensive qui atténuait, si elle ne la détruisait pas, celle qui avait été convenue avec Sparte , et manifestait des dispositions hostiles que la première occasion devait transformer en actes.

Sparte s'en aperçut lorsque les Éléens exclurent ses citoyens des jeux olympiques, et firent chasser à coups de bâton un vainqueur lacédémonien qui avait caché son nom et sa patrie. Alcibiade passa dans le Péloponèse, élevant à Patras de longues murailles, et persuadant aux Argiens d'enlever à Épidaure un port sur le golfe Saronique. Sparte envoya trois cents hoplites à ses alliés, et Athènes se hâta d'écrire au bas du traité, que Sparte l'avait violé (419).

Argos, menacée par Agis, proposa une trêve. Alcibiade fit rompre la convention, et une bataille, gagnée près de Mantinée par les Lacédémoniens, eut pour double effet de rétablir la réputation des armées Spartiates et de rompre Talliance d'Argos avec Athènes.

Sparte se hâta de déclarer que tous les États qui voudraient entrer dans son alliance pourraient choisir leur forme de gouvernement et garder leurs lois. C'était la politique ancienne d'Athènes, dont elle avait fait la grandeur. Sparte se l'appropriait par tactique, et favorisait d'autant plus efficacement le principe oligarchique qu'elle paraissait y tenir moins.

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