‹ Les institutions d'AthènesChapitre 12 sur 335 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

peuples, commencent au berceau, furent plutôt que l'intérêt, la cause des émigrations individuelles.

On se débarrassait d'un rival en l'exilant. Le vaincu ne se résignait pas toujours à rester le témoin d'un triomphe insolent, et il lui semblait préférable d'aller chercher sur une terre étrangère l'influence ou le pouvoir qu'il avait perdus dans sa patrie. Les troubles naissaient des troubles, et les vainqueurs de la veille étaient souvent les vaincus du lendemain, ce qui établit des mouvements continuels de ville à ville, et des relations de plus en plus étendues.

Les cités se pénétrèrent ainsi mutuellement, et, comme sous un même langage , on retrouvait un même esprit, il y eut plutôt échange des devoirs et des bienfaits de l'hospitalité, que créations nouvelles et colonies.

Les Lélèges vinrent ensuite. Ils ne constituaient pas un peuple à part, mais formés par les plus hardis et les plus compromis des habitants voisins de la mer, qui vivaient de piraterie, ils visitèrent tous les rivages et pénétrèrent jusqu'à l'intérieur, attirés par l'appât du butin, ou poussés par le désir d'échapper à une poursuite redoutable. Les Garions étaient en grand nombre parmi eux. Ils se répandirent en Messénie, en Laconie, en Élide et restèrent à M égare. Le Lélex de Sparte (vers 1740 avant Jésus-Christ) et celui de Mégare (1580) ne sont que la personnification de ces redoutables étrangers, dont les courses aventureuses aboutissaient sur quelques points à un établissement durable.

Les Phrygiens, les Lydiens, les Lyciens envoient

aussi de petites colonies sur ces terres qui semblaient ouvertes à une hospitalité universelle. Chacun de ces peuples a sa religion, son commerce, ses mœurs. Pour aucun d'eux, les légendes ne font allusion à une forme gouvernementale, ce qui prouve que les colonies étaient peu considérables, et que, chez toutes, prévalait l'autorité paternelle transformée quelquefois par la vie guerrière et la piraterie, en commandement militaire, ou suprématie d'un chef de tribu, moins aimé qu'un père, moins redouté qu'un roi, mais véritablement maître.

Parmi ces peuples, les Lyciens étaient les plus avancés. Parents et voisins des Ioniens ils avaient, de bonne heure, tiré parti de leurs aptitudes industrieuses.

Jusqu'alors, le mouvement s'était produit du dehors au dedans. La Grèce recevait et ne donnait rien. Elle se constituait lentement, et chacune des divisions que la nature a faites sur son territoire, après avoir été occupée, subissait cette lente élaboration intérieure d'où devait sortir une personnalité.

Lorsque ces cités eurent conscience de leur force, lorsque certaines activités ne trouvèrent pas au dedans une satisfaction suffisante, lorsque surtout les antagonismes mirent en présence des forts et des faibles, des Vainqueurs et des vaincus, il y eut un mouvement d'expansion extérieure. L'Asie envoie encore des enfants perdus, et des aventuriers de la Grèce n'hésitent pas à quitter leur pays pour porter au dehors leur influence et leur fortune.

La légende, dont la poésie s'empara, et qu'elle consacra par des chants immortels , donnait une

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