‹ Les institutions d'AthènesChapitre 13 sur 335 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

longue durée aux temps héroïques, et une large place à ces hommes aimés des dieux, ou victimes de leur vengeance, qui parcouraient la terre et les mers, faisant preuve d'un courage indompté, triomphant des monstres et des criminels, accomplissant de durs travaux, et laissant sur leur passage le souvenir d'étonnantes infortunes, des établissements durables, ou une descendance dont leur gloire assurait la grandeur.

Hercule et ses douze travaux, Jason et l'expédition des Argonautes, (Edipe, ses crimes involontaires et ses enfants, les deux sièges de Thèbes, la Grèce conjurée contre l'Asie pour lui redemander Hélène et briser son orgueil, les crimes, les longs voyages, les exils, les morts tragiques qui suivirent le triomphe, tout cela constitue une époque de transition dans laquelle la Grèce, sans cesser de recevoir et d'accueillir des éléments étrangers, manifeste une puissance d'expansion qui présage ses futures destinées.

5. Deux noms résument les races secondaires et les agglomérations d'une certaine puissance avant la grande division en Ioniens et Doriens, dans laquelle toutes les autres furent absorbées : Ce sont les Éoliens et les Achéens.

On trouve des Éoliens en Thessalie, dans les îles de la mer Ionienne, sur les côtes d'Élide, de Messénie, de Locride et d'Étolie. Ils représentent la transition des Pélasges aux Hellènes, la création de cités vivant par le commerce maritime, un progrès intellectuel, un mouvement vers une situation plus régulière et plus calme.

Il en est de même des Achéens, qui ne sont peutêtre qu'un démembrement des Éoliens. « Nous les trouvons seulement sur les côtes et même occupant une notable étendue de l'un et de l'autre littoral. On signale une étroite parenté entre eux et les Ioniens ( 1 ) . » Ils venaient de l'Ionie, se rattachaient à la Lycie, à la Troade, à l'île de Cypre, à la Crète, à Égine, à l'Attique.

Cette dissémination prouve qu'ils ne constituaient pas un peuple, mais des groupes plus ou moins importants. Ils ne faisaient pas invasion sur un point du territoire pour l'occuper, ils y descendaient et s'imposaient par leur supériorité. Le représentant le plus glorieux et le plus complet de cette race, c'est Achille, type non seulement de valeur guerrière, mais d'un esprit chevaleresque dont la Grèce offre peu d'exemples. Il est violent et inspire l'effroi, il est tendre et provoque une admiration émue. Il a la brutalité d'un soldat et la délicatesse d'un chevalier. En lui s'unissent la barbarie et la civilisation, la force qui dompte et la grâce qui subjugue.

Les Pélopides, race royale qui vint de Lydie avec ses compagnons, s'unit aux Achéens, et, avec eux, descendit dans le Péloponèse, auquel elle donna son nom, et s'établit dans l'Argolide.

Ils avaient dépossédé l'antique dynastie des Perséides, ou peut-être devaient à des alliances de succéder à ses droits.

Argos devint, une ville maritime et fut l'objet de la jalousie des cités voisines, qui, pour leur défense et l'intérêt de leur commerce, avaient formé une ligue

(l) CuBTius, Hist. grecque, I, p. 108.

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