‹ Les institutions d'AthènesChapitre 124 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

un métier, s'enrôlèrent au service de Gyrus pour celte expédition des dix mille, que Xénophon eut la gloire de conduire au milieu de difficultés et de dangers de toute sorte, et de raconter avec la précision d'un homme de guerre et les vues d'un politique.

Vaincue et frémissante, elle suivit d'un œil attentif, et dans le recueillement qui convient à ceux dont la chute a été profonde, les moyens violents par lesquels Sparte essaya d'établir et de conserver sa suprématie. Elle put prévoir, grâce au désordre intérieur de sa rivale, à la diminution de ses citoyens, aux actes d'indépendance de ses généraux, aux aventures de ses rois, au mécontentement de la Grèce, qu'elle ne tarderait pas à être vengée, et elle prépara avec sagesse et activité le retour de sa fortune.

Tithraustès, successeur du satrape Tissapherne, répandait de l'or en Grèce pour déterminer les cités mécontentes à déclarer la guerre aux Lacédémoniens. Xénophon dit que les Athéniens eurent leur part de ces dons funestes, et qu'ils désiraient la guerre, « se croyant sous le joug de Sparte (1). » Thèbes cherchait une occasion de rompre l'alliance qui lai pesait et de reprendre sa liberté. Elle la fit naître en envahissant la Phocide. Les Lacédémoniens n'oubliaient pas d'anciens griefs, et y joignaient l'accusation d'avoir empêché Agésilas de sacrifier à Auiis, et refusé de le suivre en Asie. Ly sandre et Pausanias reçurent l'ordre de joindre leurs forces et de marcher contre elle.

Thèbes demanda le secours d'Athènes. Après avoir (1) Helléniques, III, 5.

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repoussé les reproches auxquels pouvait l'exposer sa conduite passée , elle disait aux Athéniens : « Certes, nous savons tous que vous voulez reconquérir la puissance que vous aviez jadis. Mais quel meilleur moyen pour y parvenir, que de secourir vous-mêmes ceux qui sont victimes des injustices de Sparte?... Sachez-le bien, nous croyons vous engager à une alliance encore plus avantageuse pour votre ville que pour la nôtre (1). »

Athènes répondit par un décret dans lequel elle déclarait que, quoique sans murailles, et elle pouvait ajouter sans marine et sans trésor, elle ne reculerait pas pour rendre aux Thébains encore plus qu'elle n'en n'avait reçu. « Car, disait-elle, vous vous êtes contentés de ne point marcher contre nous avec nos ennemis, tandis que nous , nous vous aiderons à combattre les vôtres, s'ils vous attaquent (2). »

Les Thébains avaient éprouvé un échec, lorsque les Athéniens arrivèrent. Cette intervention décida celle de l'Eubée, de l'Acarnanie, de la Locride, de Corinthe et d'Argos. Les Lacédémoniens se retirèrent, et les alliés, quoique supérieurs en nombre, les laissèrent arriver jusque près de Némée. Ils les attaquèrent alors et furent vaincus. Une seconde bataille près de Coronée ne fut pas plus heureuse (395).

Les Athéniens avaient fourni six mille hoplites et six cents cavaliers. Une partie seulement fut engagée et ne résista pas au choc de l'ennemi (3).

(1) Xénophon, Helléniques f III, 5.

(2) Ibid.

(3) Xénophon était dans l'armée des Lacédémoniens, et combattit

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