‹ Les institutions d'AthènesChapitre 127 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

villes; car, à cela près, que ne fait-il pas d'ailleurs? N'est-il pas l'arbitre de la guerre et de la paix, le maître absolu de toutes nos démarches? N'allons-nous pas le trouver dans son palais comme notre juge souverain pour nous accuser les uns les autres? Ne l'appelons-nous pas le Grand-Roi, comme si nous étions ses esclaves, et dans nos guerres réciproques, n'est-ce pas sur lui que nous fondons l'espoir de notre salut, sur lui qui voudrait nous anéantir tous à la fois (1) ? »

C'est le langage du patriotisme et aussi celui de la vérité. La Grèce n'était plus maîtresse d'elle-même.

Le nom d'Athènes ne figure pas dans ces négociations. Elle n'avait plus de répugnance pour la Perse, et ne croyait pas se déshonorer en acceptant son or pour relever ses murailles, mais elle subit le traité plutôt qu'elle ne le souhaita, et sa faiblesse ne permet de lui attribuer qu'une part restreinte de responsabilité, dans cette abdication momentanée de la Grèce (387).

3. La Grèce né fut pas moins déchirée par la guerre : Sparte détruisit Manlinée, intervint en faveur d'Acanthe et d'Apollonie contre Olynthe, et s'empara par surprise de la Cadmée, citadelle de Thèbes. Elle donna son appui à la faction oligarchique qui remplit la ville de meurtres, et força les meilleurs citoyens à s'exiler.

Réfugiés à Athènes, ils y furent attaqués par des assassins, et résolurent de se venger. Athènes, qui s'était honorée en offrant un asile à des ennemis sé-

(1) Panégyrique d'Athènes,

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culaires, refusa à Sparte rexpiilsion des bannis qui, sous la conduite de Pélopidas préparaient une expédition dont Épaminondas devait, de l'intérieur, assurer le succès.

Ils réussirent à pénétrer dans la ville, surprirent les tyrans au milieu d'un festin, les égorgèrent tous, ouvrirent les prisons, établirent un pouvoir nouveau avec trois Béotarques, repoussèrent les troupes envoyées de Sparte et de Platées, et obligèrent la citadelle à capituler.

Ce fut le signal de la délivrance de la Grèce du joug Spartiate. Athènes, qui avait favorisé les projets des conjurés et aidé à l'exécution, se réjouit d'une victoire qui, en abaissant sa rivale, lui ouvrait la perspective d'un rôle nouveau et l'espérance d'un dédommagement.

Cependant Sparte ne s'avouait pas vaincue. Elle envoya en Béotie une armée dont le voisinage eut dans Athènes un contre-coup funeste. On se crut exposé à des représailles. La faction aristocratique lit condamner les deux généraux qui avaient prêté secours aux conjurés ; mais une tentative contre le Pirée, conduite par le Spartiate Sphodrias, dans le but d'amener une rupture ouverte entre les deux villes, et qui ne réussit pas, rendit Athènes à l'alliance thébaine.

Elle acheva les murs du Pirée, équipa une flotte de cent galères et se prépara aux combats (378).

Cependant, Agésilas et Gléombrote continuent la guerre contre les Thébains, et montrent à la Grèce tout ce qu'elle aurait à perdre sous une aussi dure domination. Celle d'Athènes avait été moins lourde.

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