‹ Les institutions d'AthènesChapitre 130 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de braves, ne serait-ce pas chez vous, qui pouvez les secourir efficacement, un acte éclatant de générosité, qu'après avoir été souvent amis et ennemis des Lacédémoniens, vous oubliiez plutôt leurs injures que leurs bienfaits (1) "i »

Ce secours généreux amena une alliance entre Athènes et Sparte. Conclue lorsque les deux villes étaient puissantes, elle aurait donné à la Grèce la paix et la prospérité. Un partage naturel semblait être fait d'avance entre les deux cités : à l'une, la terre, à l'autre, la mer. Le Phliasien Proclès commença par affirmer cette répartition commandée , « moins par la prudence humaine que par la nature même et par la providence des dieux. )> Et les Athéniens durent entendre avec un légitime orgueil les raisons invoquées en leur faveur.

<( Vous avez une position des plus favorables à l'empire de la mer; car la plupart des villes auxquelles la mer est nécessaire, sont bâties dans les environs de votre cité, et elles sont toutes plus faibles que vous. Ensuite, vous possédez des ports sans lesquels il n'y a pas de puissance maritime. D'ailleurs, tous les arts que requiert cette puissance ont pris chez vous le droit de cité ; et pour ce qui est de l'habileté dans la marine, vous laissez tous les peuples bien loin derrière vous. Mais il y a plus : aucun port ne pourrait fournir plus de vaisseaux à la fois que le vôtre, ce qui n'est pas peu de chose pour l'hégémonie, attendu que tout le monde préfère venir se ranger autour de celui qui est en force dès l'orisine. Les dieux mômes vous ont donné de réussir

(l) Xénophon, Helléniques^ VI, 5.

en cela. Vous avez livré les batailles navales les plus nombreuses et les plus grandes, vous n'avez essuyé que peu de revers^ et vous avez, au contraire, remporté le plus de succès ; il est donc naturel que les alliés préfèrent courir avec vous les chances de ces combats (1). »

L'accord ne se fit pourtant pas sur ce terrain, et il fut convenu que chacun des deux peuples commanderait tour à tour pendant cinq jours sur terre et sur mer (368).

5. Épaminondas revint dans le Péloponèse malgré une double armée Spartiate et athénienne. Chabrias le repoussa de Corinthe, et l'envoi par Denys de Syracuse de vingt trirèmes, montées par des Celtes et des Ibères, et d'une cinquantaine de cavaliers qui, pressant l'armée, la harcelant par des javelots, « lui faisaient beaucoup de mal, » le détermina à rentrer en Béotie.

Les affaires de la Thessalie et de la Macédoine éloignèrent du Péloponèse les Thébains qui négociaient avec le roi de Perse, afin de s'assurer l'hégémonie de la Grèce. Pélopidas avait une grande autorité, car il rappelait au roi que seuls les Thébains s'étaient rangés de son côté lors de l'invasion de la Grèce. D'accord avec l'Athénien Timagoras, il avait demandé : « que les Athéniens retirent leurs vaisseaux sur terre, que, s'ils ne se conforment pas à ces clauses, on leur fasse la guerre, et que si une ville refuse de prendre part à l'expédition, on marche d'abord contre elle (2). » Les peuples qui avaient

(1) Xénophon, Hellcnifjues, Vil, l.

(2) Ibid,

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