‹ Les institutions d'AthènesChapitre 131 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

envoyé des députés rejettent ces conditions, et Athènes fait mourir Timagoras, lui reprochant de s'être laissé corrompre.

Épaminondas fit une troisième campagne dans le Péloponèse, etles principaux des Achéens « se mettent à ses pieds. » Il retourne à Thèbes, et les Thébains envoient des harmostes dans toutes les villes achéennes, où s'établissent des gouvernements démocratiques. Mais les bannis rentrent et se mettent du côté de Sparte (366).

Athènes laisse Orope au pouvoir des Thébains et fait alliance avec l'Arcadie. Tout le Péloponèse est en mouvement, la lutte devient générale, et chacun envisage avec inquiétude les conséquences probables de ces divisions.

Épaminondas donna une flotte à sa patrie , et Pélopidas, envoyé en Thessalie contre Alexandre de Phères, se fit tuer à la bataille de Cynoscéphales. Il contribua cependant à replacer la Thessalie sous l'influence de Thèbes (363).

L'année suivante, Épaminondas conduisit dans le Péloponèse une quatrième expédition. La guerre sévissait depuis longtemps déjà entre les Arcadiens et les Éléens. Les Arcadiens s'emparèrent d'Olympie, dont ils prirent l'or sacré. Les habitants de 31antinée réclamèrent, et la paix fut faite. Au moment où on la célébrait à Egée, les Thébains s'emparèrent de l'assemblée, sous prétexte qu'elle se proposait de livrer la ville aux Lacédémoniens.

L'Arcadie s'arma et demanda des secours à Sparte et à Athènes. Épaminondas alla camper sous Tégée, et eût surpris Sparte, sans un Cretois qui avertit

Agésilas. Il rentra en Arcadie, où il eut un engagement malheureux avec la cavalerie athénienne. On dit que Gryllos, fils de Xénophon, périt dans ce combat. Rien dans le récit des Helléniques n'indique cette blessure d'un cœur paternel. Il est impossible pourtant de ne pas remarquer dans ces lignes une émotion contenue : « Qui n'admirerait la valeur qu'ils déployèrent en cette circonstance? Bien qu'ils voient des ennemis beaucoup plus nombreux, et que leur cavalerie ait éprouvé un échec à Corinthe, ils ne se laissent point arrêter par ces considérations, ni par la pensée qu'ils vont combattre des Thébains et des Thessaliens, réputés la meilleure cavalerie ; mais rougissant à l'idée que leur présence ne serait d'aucune utilité à leurs alliés, ils s'élancent aussitôt qu'ils aperçoivent l'ennemi, désireux de sauver l'honneur de leur patrie ; et ce fut à leur bravoure que les Mantinéens durent de conserver tout ce qu'ils avaient dans la campagne. Les Athéniens perdent quelques braves et en tuent évidemment à l'ennemi (4). 0

Les deux armées se rencontrèrent quelques jours après à Mantinée. Épaminondas voulait finir la campagne par un coup d'éclat, réparer quelques échecs et dissoudre la ligue des Lacédémoniens, des Arcadiens, des Achéens , des Éléens et des Athéniens. Il fut frappé de plusieurs coups, et le fer d'une lance resta dans sa poitrine (2). Il demanda quels étaient

(1) vu, 5.

(2) Pausanias, VllI, 2, dit qu'il fut frappé de la main de Gryllos, fils de Xénophon^ que d'autres font mourir au combat de cavalerie livré quelques jours auparavant.

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