‹ Les institutions d'AthènesChapitre 136 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

toutes les conséquences d'un abandon que condamnaient l'intérêt et l'honneur. Sa parole patriotique n'obtint qu'un demi-succès. Le décret relatif au théoricon ne fut pas rapporté, on ne fit aucune réforme, et l'on se contenta d'envoyer au secours d'Olynthe trente vaisseaux et deux mille mercenaires. Olynthe fut prise et livrée au pillage (349). Philippe célébra des jeux solennels, reçut des citoyens des diverses parties de la Grèce, les charma par ses paroles, les séduisit par ses dons, assurant ainsi les conquêtes réalisées et en préparant d'autres. Il avait peu auparavant remporté une couronne aux jeux Olympiques. Il devenait Grec.

On préparait cependant un congrès auquel tous les peuples étaient convoqués, et dans lequel des mesures devaient être prises pour arrêter cette nouvelle invasion de la barbarie. Philippe se déclara prêt à traiter, et cette ardeur disparut aussi rapidement qu'elle s'était montrée.

La Phocide était toujours en guerre. Philippe, après avoir franchi les Thermopyles, sur l'appel de Thèbes, repoussa sans combat les Phocidiens dans le Péloponèse, et convoqua le conseil des Amphictyons (1) pour prononcer sur le sort de ceux qui, après un acte sacrilège, troublaient, depuis dix ans, la paix publique. La condamnation prononcée contre eux était celle qui atteignait les violateurs de la majesté divine, et Philippe reçut, en échange du service

(1) Ce conseil était celui de la Phocide, mais il n'était pas le seul en Grèce. Il y en avait un autre pour le Péloponèse. Son centre était dans l'ile du Calaurie. Il avait un caractère moins religieux que celui de la Phocide.

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qu'il venait de rendre, la présidence des jeux Pythiques et deux voix dans le conseil des Araphictyons (346).

Athènes s'inquiéta, et fit au Pirée de nouvelles fortifications. Philippe, qui était rentré en Macédoine, demanda aux Athéniens la confirmation de ces avantages. Comment l'aurait-on refusée? La paix était nécessaire, et il ne fallait pas fournir à Philippe un prétexte pour la rompre. Il ne fallait pas surtout aider à cette politique d'isolement qu'Athènes autrefois aurait pu braver impunément, et que Philippe dirigeait contre elle, lorsque, après tant d'épreuves et de misères, elle n'était capable ni de la prévenir ni de la combattre.

En même temps, Philippe s'efforçait, sans y parvenir, d'intimider Sparte. Démosthène parcourut le Péloponèse, afin de resserrer l'alliance, encouragea Corinthe à la résistance, et poussa Athènes à la guerre. Une ligue seule pouvait soutenir le choc de Philippe, et, de toutes les cités de la Grèce, Athènes seule était capable de la former. Elle comprit ce grand devoir, et il put sembler un moment que ses beaux jours étaient revenus.

Philippe fit la guerre en Illyrie, occupa la Théssalie (344), n'échoua devant Mégare dont il voulait se faire déclarer le protecteur, que grâce à l'intervention armée d'Athènes (343), se mêla aux affaires de l'Épire, et tenta de s'emparer d'Ambracie, qui lui eut ouvert le Péloponèse, et devant laquelle il échoua, grâce à Démosthène et à quelques soldats athéniens.

Après avoir essayé d'endormir Athènes par une

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