‹ Les institutions d'AthènesChapitre 139 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Il fit adopter plusieurs lois qu'il défendit avec éloquence, porta à douze cents talents les revenus de la république qui, à la suite de guerres malheureuses et de désastres de toute sorte, étaient tombés à soixante (1). Il fut du nombre des orateurs réclamés par Alexandre, et qu'Athènes eut le courage de refuser. Quand sa fin approcha, il se fit porter dans le temple de la mère des dieux et voulut rendre compte de l'administration des finances. Personne n'osa l'accuser, et « il mourut, laissant la réputation d'une probité qui ne s'était jamais démentie, et d'un grand talent pour l'éloquence (2). »

Pausanias résume ainsi son administration : « L'orateur Lycurgue, fils de Lycophron, amassa dans le trésor public six mille cinq cents talents de plus que Périclès, fils de Xantippos. On lui devait les ornements qui servaient aux pompes solennelles en l'honneur d'Athéna , des Victoires en or, et les parures de cent jeunes filles. Il fît fabriquer pour la guerre des armes et des traits, porta à quatre cents le nombre des trirèmes de guerre, acheva le théâtre que d'autres avaient commencé. Il bâtit dans le Pirée de nouvelles loges pour recevoir les vaisseaux et le gymnase qui est auprès du lycée. Les ouvrages d'or et d'argent qu'il avait fait exécuter furent enlevés par le tyran Lacharès, mais les édifices subsistent encore (3). »

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