CHAPITRE V
aucune des tentatives faites de son vivant contre sa domination. Alexandre avait rappelé dans leur patrie tous les citoyens bannis à la suite de troubles intérieurs. C'était s'assurer des amis et jeter un germe de discorde au sein des villes grecques. Athènes lui envoya des députés pour le prier de rapporter son décret. A la mort d'Alexandre, la question n'avait pas été tranchée, et le décret restait dans toute sa force.
Antipater le maintint. Des députés d^Athènes parcoururent la Grèce, sous l'influence de Démosthène et malgré l'opposition de Phocion, pour former une ligue contre la Macédoine. Elle leva cinq mille hoplites, cinq cents chevaux, réunit deux mille mercenaires, équipa deux cents trirèmes et quarante quadrirèmes. Léosthénès, nommé général, rencontra près de Lamia treize mille fantassins et six cents cavaliers macédoniens commandés par Antipater. Il les vainquit, et Antipater dut demander la paix. Athènes exigea qu'il se rendît à discrétion.
La guerre continua par suite de cette obstination du peuple qui croyait que désormais rien ne lui résisterait. Les secours demandés à l'Asie par Antipater arrivèrent, et Léosthénès commença un siège dans les conditions les plus défavorables. 11 fut tué dans une sortie.
A ce moment, Démosthène, condamné à une amende qui l'obligea à l'exil, venait de rentrer à Athènes. La situation était critique. Antiphilos, successeur de Léosthénès, dut lever le siège de Lamia, et Antipater joignit son armée à celle de Léonnat et de Cratère. Ces cinquante mille hommes
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eurent raison des vingt-cinq mille Grecs à Granon (325). En même temps la flotte athénienne était battue par Glitos.
Phocion et Démade, partisans de la Macédoine, devinrent puissants à Athènes, pendant que les défenseurs de l'indépendance étaient proscrits. Ils subirent les conditions d'Antipater qui, malgré toutes les sollicitations, ne pouvait oublier les exigences des vainqueurs après la bataille de Lamia. Athènes se soumettait à livrer ses orateurs, et en particulier Hypéridès et Démosthène , à réformer son gouvernement au gré de la Macédoine, à recevoir garnison dans un de ses ports, et à payer les frais de la guerre.
2. La réforme de la constitution enleva toute participation aux affaires de quiconque ne possédait pas au moins deux mille drachmes. Neuf mille citoyens seulement remplirent ces conditions. Ils revinrent aux lois de Solon animées par Tesprit oligarchique. Les autres, que Ton évalue à douze mille, quittèrent pour la plupart Athènes, et acceptèrent des terres ailleurs, renonçant sans regret à une ville d'où l'égalité était bannie.
On fit poursuivre les orateurs, et Antipater ordonna la mort d'Hypéridès, d'Aristonicos, d'Himéréos; Dém.osthène, réfugié dans l'île de Galaurie, chercha un asile dans un temple de Poséidon. On le sollicita d'en sortir pour aller trouver Antipater. Il savait le sort qui l'attendait, et il aima mieux disposer de lui-même. Quand il fut assuré de l'effet d'un poison qu'il portait dans son poinçon, il se