‹ Les institutions d'AthènesChapitre 147 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

échec devant Mégalopolis et la défaite de la flotte de Clitos, après une victoire navale qu'il avait remportée sur l'Hellespont, ruinèrent la cause de Polysperchon.

Athènes s'entendit avec Cassandre. Elle restait maîtresse d'elle-même et conservait ses possessions avec sa flotte. Il ne fallut plus que mille drachmes pour être citoyen. La garnison macédonienne continuait à occuper 3ïunychium, et l'administration de la ville fut confiée à un citoyen nommé par Cassandre. Ce citoyen fut Démétrius de Phalère. Athènes lui dut, pendant dix ans, une tranquillité intérieure bien précieuse au milieu des luttes sanglantes qui jetaient les uns contre les autres les peuples de l'Europe et de l'Asie (318).

Il exerçait par sa parole une influence qu'il tournait tout entière au bien public (1). Sa longue domination prouve qu'il connaissait le peuple, et s'il ne fut pas à l'abri de Tinjustice, il exerça le pouvoir pendant assez longtemps pour laisser des souvenirs plus durables que la reconnaissance des Athéniens.

Ainsi, sous Philippe et Alexandre, lorsque la Grèce défendait vainement son indépendance, et pendant les luttes du partage de l'empire, où l'incertitude et le désordre étaient partout, il fut donné à deux orateurs, à Lycurgue et à Démétrius, de faire dans l'intérieur de la cité, pour sa prospérité, ce que leur maître tentait au dehors pour sa liberté.

3. En 315, Cassandre possède presque toute la Grèce et la Macédoine. L'ambition ranime la guerre,

(l) Il ne nous reste rien de ses harangues ni de ses histoires. On lui attribue un Traité de Vélocution.

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et un traité qui suit rapidement de violentes hostilités, assure quatre années de tranquillité relative. La famille d'Alexandre s'éteint (309) par la mort d'Hercule, son fils naturel, que les Macédoniens voulaient faire roi, et chaque jour amène de nouvelles causes de division.

Le traité de 3 1 1 avait stipulé la liberté de la Grèce, et Cassandre y entretenait des garnisons. Antigène se déclara, sans y être sollicité, le prolecteur des opprimés. Il envoya son fils, Démétrius Poliorcète, avec une armée pour assurer la liberté d'Athènes. Démétrius aimait cette ville et considérait comme une bonne fortune de pouvoir tenter quelque chose pour elle.

Athènes ne se plaignait pourtant pas. L'administration de Démétrius de Phalère lui avait donné une paix profonde, une prospérité relative, d'excellents résultats financiers, un développement rapide de culture littéraire, et des travaux propres à satisfaire les plus délicats. Il avait essayé de réagir contre l'affaiblissement des mœurs , et de relever par la dignité morale ceux qui semblaient satisfaits d'être les arbitres du goût et des modèles de subtilité raffinée. L'opinion fut malheureusement assez puissante pour avoir raison de celui qui voulait la diriger, et Démétrius finit par essayer de l'emporter par l'élégance et une profusion exquise, comme ill'avait emporté par la raison et une modération intelligente.

Athènes reconnaissante lui avait élevé trois cent soixante statues de bronze.

Démétrius Poliorcète surprit le Pirée, et déclara

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