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CHAPITRE I

Le Péloponèse, dont la vie politique se distingua toujours de celle de l'Hellade, et en particulier de celle de l'Attique, avait son amphictyonie particulière, probablement sous la protection du dieu maritime Poséidon. Son centre était dans l'île de Galaurie. Sept villes y étaient représentées. Le conseil veilla d'abord sur les intérêts du culte et sur les droits des dieux, et plus tard, lorsque son rôle devint politique, les préoccupations religieuses restèrent toujours au premier rang.

Ainsi, la religion fut en Grèce, comme partout ailleurs, l'agent le plus actif de l'unité nationale et de la vie politique.

Cependant, resserrés dans leur nouvelle conquête, les Doriens cherchèrent au midi de nouveaux établissements. Ils associèrent à leur fortune d'autres tribus, et s'appuyant sur les droits d'Hyllos, fils d'Hercule, tige de la tribu des Hylléens, ils se précipitèrent sur le Péloponèse.

Ils y trouvèrent une ferme résistance. Leur valeur triomphait dans les combats en pleine campagne , et se brisait contre les murs des villes et des forteresses. Ils finirent par tout soumettre, grâce à leur ténacité. Les Achéens durent se cantonner dans la partie septentrionale du Péloponèse, qui garda leur nom, et les Ioniens se réfugièrent en Attique.

Cette conquête marque la constitution définitive des tribus dans les cantons et les cités, et forma le peuple qui s'est appelé Hellène, et à qui ce nom est resté jusqu'à la domination romaine.

11 n'y eut plus dès lors d'immigration de peuple ou de tribu sur le sol hellénique; mais les émigrations

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furent nombreuses. Un mélange des races vaincues après avoir été plus ou moins longtemps maîtresses de leurs destinées, et parmi lesquelles dominaient les Ioniens, se dirigea par des voies diverses vers les côtes de l'Asie-Mineure. Il s'y établit, non par la force et en soumettant les populations, mais en se mêlant à elles. Du reste, les dieux, l'origine, les mœurs étaient les mêmes. Des villes anciennes furent agrandies, des villes florissantes fortifiées, des villes nouvelles fondées. Les Eoliens, les Ioniens, les Doriens se répandirent ainsi dans ces contrées d'où il étaient venus, et ce fut pour elles un immense bienfait.

Les Hellènes en général et les Ioniens en particulier rapportaient en Asie un esprit ouvert à tous les progrès. L'activité européenne s'imposa à la mollesse asiatique. Tout y gagna : les relations commerciales, la langue, le génie ; l'activité qui unit l'Europe et l'Asie fut pour elles une source de richesses, et, pour le monde antique, le principe d'une émancipation intellectuelle et morale.

Mais TAsie n'en conserva pas moins un caractère que n'altérèrent ni les leçons de l'expérience, ni la nécessité. Elle n'eut rien de cette énergie qui distingua les Ioniens établis dans l'Attique'. Agésilas et un roi Scythe les croyaient plus propres à obéir qu'à rester maîtres d'eux-mêm.es, et la conduite de ces villes dans le terrible duel de l'empire des Perses et de la Grèce, prouve qu'elles ne furent pas toujours dignes de leurs frères d'Europe.

L'histoire des Ioniens est tout entière dans celle de leur capitale, Athènes.

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