‹ Les institutions d'AthènesChapitre 150 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ments, et flotta incertaine et sacrifiée entre les rois héritiers d'Alexandre. Vers i'81, la ligue se reconstitua, sous l'empire de la nécessité, chacun se sentant isolément sans force, et Aratus, de Sicyone, qui aspirait à délivrer sa patrie, y devint le maître. Il voulait former une ligue commune de tous les peuples du Péloponèse et « regardait cette ligue comme le seul moyen de n'avoir rien à craindre des ennemis du dehors (1). )> Il lutta contre les Lacédémoniens, se retira une première fois sans combattre, malgré sa supériorité numérique, et perdit ensuite une grande partie de son armée auprès du mont Lycée en Arcadie.

Par haine de Sparte, il appela les Macédoniens, et Plutarque, qui a loué le patriotisme si souvent égaré d'Aratus, ne peut s'empêcher de le blâmer : « Je veux, dit-il, déplorer la faiblesse de la nature humaine qui, dans les âmes même les plus élevées, et que la nature a le plus faites pour le bien, ne peut produire une vertu exempte de tout reproche (2). »

Du reste, il était disposé à chercher des appuis au dehors. Après avoir délivré Sicyone de la tyrannie de Nicoclès, et rappelé les bannis, il accepta les présents de Ptolémée, roi d'Egypte. Il est vrai qu'il ne perdait pas son but de vue. Peut-être ne crut-il pas s'engager beaucoup, et trouva-t-il peu inquiétante cette protection, à cause de l'éloignement de l'Egypte. Et quel peuple de la Grèce n'a partagé, à cette époque troublée, cette faiblesse ou cette illusion?

Antigone s'était emparé d'Athènes (263) après un

(1) Plutarque, Cléomène, 26.

(2) Cléomène, 41.

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siège de six ans, pendant lequel les Athéniens avaient montré leur antique valeur. Aratus, pour la remettre en liberté, attaqua plusieurs fois le Pirée, mais il ne réussit pas. Une nouvelle tentative, faite après la mort d'Antigone, ne fut pas plus heureuse. Il fut battu auprès du bourg de Phylacie, en Attique, et le bruit de sa mort se répandit dans la Grèce.

Athènes récompensa étrangement celui qui a' it couru pour elle de si grands dangers. En recevaht la nouvelle de la mort d'Aratus, ses citoyens se couronnèrent de fleurs et témoignèrent de la joie la plus expansive. Aratus, irrité, marcha contre eux et s'arrêta aux jardins d'Académos. Ils reconnurent plus tard ses intentions et ses services, et l'appelèrent dans la ville. Il y reçut l'accueil le plus empressé et, par son intervention auprès de Diogène qui commandait la garnison, il obtint, pour la somme de cent cinquante talents, qu'ils rentrassent en possession du Pirée, du fort de Munychium, de Salamine et de Sunion. Il fournit vingt talents pour assurer le succès de cette négociation.

La ligue se constitua avec une assemblée générale des représentants des diverses cités, un sénat, un conseil de dix, et puis de douze démiurges, un stratège, chef suprême , et des magistrats secondaires. Elle promettait deux grands biens que la Grèce a peu goûtés : l'égalité et l'union. Elle combattait également la tyrannie qu'elle jugeait honteuse pour ceux qui avaient connu la liberté, et la démagogie dans laquelle elle voyait un dissolvant universel.

Une confédération de même nature, mais avec un esprit différent, existait en Étolie. Elle avait été en

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