CHAPITRE V
vainqueurs; cependant, lorsqu'on voit un Grec qui a longtemps vécu à Rome faire le parallèle suivant, on ne peut s'empêcher de tenir compte de ce témoignage : « Si vous prêtez aux Grecs, dit Polybe (1), un talent avec dix promesses, dix cautions, autant de témoins, il est impossible qu'ils gardent leur foi; mais parmi les Romains, soit qu'on doive rendre compte des deniers publics, ou de ceux des particuliers, on est fidèle à cause du serment que Ton a fait. On a donc sagement établi la crainte des enfers; et c'est sans raison qu'on la combat aujourd'hui. »
Le scepticisme autorise toutes les erreurs et engendre toutes les corruptions. Athènes allait porter la peine de la place qu'il lui avait faite au milieu de ses croyances et de ses superstitions. Rome, qui jusqu'alors avait dû ses triomphes à sa foi aux dieux, àlajustice et à elle-même, ne devait pas tarder à se laisser envahir par les vices qui, à ce moment, lui livraient la Grèce presque sans défense.
Philopœmen, deMégalopolis, ne négligea rien pour ramener l'esprit militaire de la ligue achéenne, mais une victoire sur Machanidas , tyran de Sparte qu'il tua, ne lui donna aucune influence efficace sur les affaires générales.
En 205, Rome signa la paix avec Philippe. Il y resta peu fidèle, envoya quelques secours à Annibal à son retour en Afrique, et fit quelques dégâts dans l'Attique, sans tenir compte de son traité avec Rome. Ces griefs furent invoqués contre lui par les Romains lorsque Carthage eut succombé , et la guerre commença.