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288 INSTITUTIONS d'aTHÈNES
Athènes n'y prit pas une part directe, et si FAtlique fut plusieurs fois attaquée, elle parut compter, pour se sauver, moins sur elle-même que sur Rome qui lui devait sa protection.
En 198, le consul Flamininus avait vaincu et rejeté derrière le Pinde l'armée macédonienne. Sa flotte avait pris Garyste et Érétrie en Eubée. Il s'était arrêté à Anticyrrhe sur le golfe de Corinthe, dominant la ligue achéenne, entraînant le Péloponèse, soumettant Thèbes et réduisant Philippe aux forces déjà entamées de la Macédoine.
L'année suivante, Philippe et Flamininus se trouvèrent en présence dans la plaine de Gynoscéphales. La phalange macédonienne fut brisée par le choc impétueux des légions romaines, et Philippe, vaincu, demanda la paix. On le désarma, et après lui avoir fait subir les humiliations les plus dures, on le laissa isolé.
Pour obtenir ce résultat, on proclama la liberté de la Grèce. Rome n'était pas la première à employer cette arme trompeuse contre cette contrée où la division est extrême, et où les antagonismes sont sans cesse en éveil. Mais personne ne s'en servit avec plus de persévérance et d'habileté.
Athènes n'est pas nommée dans i'énumération des peuples à qui le sénat et Flamininus accordent aux jeux isthmiques l'exemption de toute garnison et de tout impôt (197). Elle partagea l'allégresse commune, et crut qu'il lui serait permis de vivre sinon puissante comme autrefois, du moins libre, honorée, riche de son commerce et fière de la supériorité de sa culture intellectuelle. Elle eut peut-être les avantages de cette obscurité, mais que n'y perdit-elle pas?