CHAPITRE V
Elle ne devait pas même prendre part à la lutte suprême pour la liberté de cette contrée dont elle avait si longtemps fait la gloire et dirigé les destinées.
La ligue étolienne, qui se vantait d'avoir ouvert la Grèce aux Romains, ne se trouvait pas suffisamment payée de ce service. Elle menaça, et puis prit les armes. Flamininus employa les Athéniens comme médiateurs. Ils ne réussirent pas et la guerre commença. Les Étoliens prirent Sparte et la pillèrent, après avoir tué le tyran Nabis. Les Lacédémoniens, heureux d'être débarrassés d'un homme dont ils avaient épuisé les cruautés, sans assouvir sa cupidité, repoussèrent l'ennemi, lui tuèrent un grand nombre de soldais et entrèrent, grâce à Philopœmen, dans la ligue achéenne.
Antiochus, roi de Syrie, vint au secours des Étoliens, mais avec peu de troupes, et il essaya vainement d'entraîner les Achéens. Toutes les villes étaient travaillées par des émissaires ; quelques-unes se laissèrent séduire, d'autres, surprises, durent subir la loi de leurs nouveaux maîtres, sans leur permettre d'espérer une fidélité sans bornes. Une conspiration ne réussit pas à Athènes qui resta fidèle aux Romains.
Philippe avait demandé à Rome de faire la guerre aux Étoliens et à Antiochus; et le sénat lui avait abandonné toutes les places dont il pourrait s'emparer. Mais Rome prenait part directement à la guerre. Elle vainquit Antiochus aux Thermopyles et le rejeta en Asie.
Les Étoliens demandèrent la paix. Ils subirent les dures conditions de Rome.
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7. Philopœmen ne croyait ni à la puissance, ni à la durée de la ligue achéenne, mais il voulut retarder une chute qu'il considérait comme inévitable. Il renfermait son action dans le Péloponèse, et prétendait ne laisser aux Romains aucune influence sur les affaires intérieures des divers peuples unis.
Sparte avait demandé à Rome de la délivrer du joug achéen. Philopœmen la traita avec une cruauté qui n'était pas dans son caractère, et qu'il crut nécessaire pour empêcher d'autres défections. C'est peutêtre dans ce but, autant que pour satisfaire la vanité des diverses villes, qu'il fit décider qu'elles seraient tour à tour le centre de la ligue.
Un citoyen énergique et prudent comme Philopœmen était un obstacle pour Rome. Elle souleva contre lui Messène. Philopœmen, malgré son âge, marcha contre la ville rebelle, fut blessé dans un défdé, emmené couvert de chaînes et condamné à boire la ciguë. La Grèce venait de perdre «le dernier de ses enfants (183). »
Cependant Philippe avait trop d'ambition et d'activité pour ne pas porter ombrage aux Romains. Ils jetèrent le désordre dans sa famille. Sur la dénonciation de Persée, un de ses fils, il fit périr l'autre, Démétrius (181), et mourut deux ans après, poursuivi par le regret d'avoir été la dupe des Romains, et le remords d'être le meurtrier de son fils.
Persée fit périr un compétiteur, et maître du trône, il renouvela avec les Romains le traité d'alliance. Pendant six ans, il détourna l'attention de ses actes, et prépara cependant au dehors par des alliances, au dedans par une organisation militaire et