‹ Les institutions d'AthènesChapitre 156 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Faccroissement du trésor, une guerre qu'il jugeait inévitable contre une puissance envahissante, et dont il espérait une heureuse issue.

Elle éclata en 172. Rome n'envoya que cinq mille hommes, sous le commandement d'un préteur, mais une habile intrigue lui assurait partout des alliés. Persée eut quelques succès auxquels la Grèce applaudit, et cependant, il offrit la paix que Rome n'accepta pas. Elle exigeait qu'il se remît à sa discrétion.

Il continua la guerre non sans succès, mais les villes n'avaient pas confiance en lui, et elles envoyaient leurs ambassadeurs à Rome pour l'assurer de leur fidélité. Athènes n'y manqua pas. Soit défiance d'elle-même, soit terreur des Romains, soit conviction que Persée finirait par succomber, elle allait vers la future dominatrice de la Grèce, et se prévalait auprès d'elle de sa gloire passée, en mettant sa gloire présente dans la fidélité.

Persée fut vaincu à Pydna par Paul - Emile (22 juin 168), et il ne resta rien de sa redoutable phalange. Il se remit avec son fils aîné entre les mains du préteur, qui le traita avec bonté et le fit servir à son triomphe.

Paul-Émile visita la Grèce et s'arrêta dans les villes que lui recommandaient de grands souvenirs. Athènes attira son attention et reçut des témoignages d'admiration et de respect, qui, précieux en tout temps, deviennent inappréciables aux yeux de ceux qui sont tombés. Les jeux qu'il fît célébrer à Amphipolis réunirent des représentants de toutes les cités et de tous les peuples qui redoutaient les Romains

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OU étaient soumis à leurs lois. La Grèce se consola en voyant consacrés à relever la magnificence du spectacle les objets d'art que son génie avait produits, et que le palais de Persée avait offerts, après la prise de sa capitale, à l'avidité des Romains.

Rome ne fit pas encore de la Macédoine une province. Elle lui laissa la liberté ainsi qu'aux villes grecques, dont plusieurs furent pourtant cruellement punies du secours accordé à Persée. Il fallait les habituer à obéir.

Mille Achéens avaient été envoyés en 166 à Rome, où ils restèrent en otage. Ils purent rentrer en 150 dans leur patrie, après une délibération du sénat, dans laquelle Caton montra un suprême dédain pour eux. Réduits à trois cents, ils revenaient disposés à la vengeance. Un d'entre eux, Diéos, attaqua Sparte que Rome défendit, outragea des ambassadeurs romains, fut battu à Scarphée dans la Locride (147), s'établit à Leucopétra, à l'entrée de l'isthme de Gorinthe, repoussa avec hauteur les propositions de Métellus, et fut complètement défait sous les yeux des femmes et des enfants qui avaient voulu assister au dernier combat de la Grèce pour la liberté. Ce fut un héroïsme personnel, et la lutte suprême de quelques villes. Les autres, que la perspective de la servitude n'effrayait pas, attendirent que le vainqueur décidât de leur sort. Elles espéraient le repos sous un nouveau maître (146).

La Grèce fut réduite en province romaine et perdit jusqu'à son nom. Elle releva, sous le nom d'Achaïe, du proconsulat de Macédoine, et, pendant cent ans, n'eut pas de gouverneur particulier.

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