CHAPITRE M
» Mais il paraît certain que Solon conserva , tels qu'il les trouva établis, le sénat de l'aréopage et le principe d'élection pour les magistrats, et qu'il créa seulement le pouvoir du peuple, en ouvrant les fonctions judiciaires à tous les citoyens. »
Il n'abolit pas les lois de Dracon, quoique leur sévérité les eût rendues odieuses. Il en conserva une partie qui avait pour but la répression des crimes, et pour les distinguer des siennes que l'on appelait Nomes (1), il les appela Thesmes.
Il régla les fonctions des archontes. Le premier eut la charge des questions de famille, le second de la religion et de l'homicide, le troisième des étrangers. Les six thesmothètes étaient des juges. On pouvait appeler de leurs jugements, et le plus souvent ils renvoyaient les affaires à un jury qui avait uniquement à se prononcer sur le fait.
Ce jury, qu'on appelait le tribunal des Héliastes, jugeait en premier ou en dernier ressort, suivant la nature des affaires. Il se composait d'un petit nombre de citoyens choisis par l'assemblée, et qui avaient prêté serment.
L'instruction des procès resta confiée aux magistrats. Les juridictions furent diverses, selon le nombre et la nature des actes délictueux ou criminels, au point de vue religieux, social, civil ou politique. L'importance attribuée par Solon à tous les faits de justice a autorisé à dire : « Depuis Solon, l'autorité judiciaire est dans la vie politique le facteur suprême (2). »
(1) Noaot — GÉcrtxo'..
(•2) Frohberger, Lysias, I, 36.
Lois sociales.
1 . Après avoir ainsi organisé la cité aux points de vue politique, administratif et judiciaire , il porta son attention sur la vie sociale des Athéniens. Il voulait, en même temps, régler les relations des corps de l'État entre eux, de manière à les faire tous concourir à la paix, à l'harmonie, à la prospérité communes, et former l'esprit et les mœurs du peuple.
Plutarque signale la plupart de ces lois, qui avaient reçu la plus grande publicité. Chacun pouvait les lire dans l'Acropole, auprès du sanctuaire des divinités protectrices de la cité, à l'abri de ces remparts qui rendaient imprenables le berceau du peuple , et les objets sacrés auxquels étaient attachées ses destinées.
Sur un pivot s'élevaient quatre tableaux de bois, à la portée de la main et de l'œil. On pouvait le faire tourner pour lire tout ce qui y était tracé. La législation tout entière était là, et personne ne pouvait ignorer ce qu'elle prescrivait, ni l'altérer.
Un autre recueil de lois plus à la portée du peuple était dans le Prytanée, et Pausanias l'y vit (1). Le Prytanée était la maison commune d'Athènes. On y entretenait le feu sacré, on y faisait les festins publics, on y traitait les ambassadeurs, on y nour-
(1) Attique, 18.