‹ Les institutions d'AthènesChapitre 17 sur 335 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

tant de navigateurs industrieux, tant d'aventuriers, tant de bannis, offre de bonne heure un peuple dont l'unité fait la force.

La longue île d'Eubée, que sépare du continent un canal étroit et peu profond, s'étend le long de la côte orientale de l'Attique, dont elle ne s'écarte qu'à l'extrémité méridionale, comme un abri contre les flots et une protection contre les invasions.

Au sud, les Cyclades sont rangées comme des satellites de l'Attique, et forment des stations propres à favoriser les relations. La plus septentrionale, Andros, s'avance vers l'extrémité méridionale de l'Eubée, laissant un passage qui peut être aiséjnent défendu. Héléna touche presque au rivage Altique, et Céos est assez près pour que la barrière ne soit pas facile à franchir.

Dans le golfe Saronique, Egine, « tâche sur l'œil du Pirée, » selon l'expression de Démosthène, et Salamine qui projette ses promontoires inégaux vers la terre ferme, peuvent servir à la fois de remparts pour la défense et de places d'armes pour l'attaque. Leurpossessionfuttoujours importante pour Athènes, qui ne recula pas devant de longues guerres pour s'assurer leur alliance ou leur soumission.

2. Le climat de l'Attique est tempéré ; il n'a pas, grâce au voisinage de deux mers, les chaleurs de sa latitude, ni les variations du massif montagneux dont les sommets et les escarpements sillonnent la plus grande partie de la Grèce.

Les poètes ont chanté ces bienfaits des dieux. « Doux et suave est notre ciel, dit Euripide. Le froid

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de l'hiver est pour nous sans rigueur, et les traits de Phébus ne nous blessent pas (1). »

L'air y est salubre, l'atmosphère pure, et la vue comme la voix, franchit les distances sans rencontrer d'obstacle. L'esprit d'Athènes semble avoir pris les charmes et gardé la transparence de son ciel, comme l'équilibre de son climat. « Le ciel d'Athènes est subtil, » dit Gicéron ('i) ; il en était ainsi de son génie, tous deux opposés au ciel et au génie de Thèbes. « Cette atmosphère sèche et limpide était on ne peut plus propre à maintenir le corps en bonne santé, à aiguiser les sens, à faire naître dans l'âme des idées riantes, à éveiller et à stimuler les forces de l'intelligence (3). »

La beauté tant louée des paysages de la Grèce tient moins au sol lui-même qu'à la transparence de l'air et à l'éclat du soleil. Que sont les beaux sites, les riches plaines, les riantes vallées, les montagnes pittoresques, si la lumière ne les inonde et ne leur donne, par la vive variété des couleurs, le relief qui en rend l'aspect saisissant et l'image toujours présente ?

« Ge ne sont point les prairies et les feuilles d'un vert cru et froid, a dit Ghateaubriand, qui font les admirables paysages; ce sont les effets de la lumière. Voilà pourquoi les roches et les bruyères de la baie de Naples seront toujours plus belles que les vallées les plus fertiles de la France et de l'Angleterre (4). »

(1) Erechthée, fragments, I, v. 15.

(2) De fato, IV.

(3) Cdrtius, Hist. grecque, I, 369.

(4) Itinéraire de Paris à Jérusalem, I, p. 98i

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