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CHAPITRE

Il pleut rarement et peu en Attique. Les cours d'eau y sont modestes et en petit nombre. La sécheresse est la grande ennemie, et le sol n'a pu acquérir une fécondité relative que grâce à l'industrieuse ténacité de ses habitants.

« L'Attique n'a ni rivières, ni lacs, dit d'une manière trop absolue Plutarque (1). On y trouve très peu de fontaines, et presque partout on n'a d'autre eau que celle des puits que l'on creuse.» C'est, ce qui explique le soin avec lequel Solon en réglementa l'usage, afin d'éviter des contestations qui eussent été vives, puisqu'il s'agissait d'un objet si important. C'est ce qui permet de comprendre aussi les prescriptions minutieuses relatives aux plantations qui entretiennent la fraîcheur du soi (2).

Le sol est pierreux, difficile sans être ingrat. Il n''attire, ni ne rebute. Il donne du blé, de l'orge, des figues, du vin, des olives, du miel ; il fournit la laine, le lait et la chair des troupeaux. C'était tout et c'était assez. L'initiative, l'activité et la persévérance d'un peuple jaloux de ne se laisser dépasser en rien, compensèrent ce que la nature donnait parcimonieusement.

Pline dit : « Le blé d'Altique était le plus pesant que l'on connut à Rome (3). » Il renfermait, en plus grande quantité que les autres, des éléments nutritifs. Solon, en défendant l'exportation de tous les produits du sol, à l'exception de l'huile, voulait assurer l'alimentation d'une population nombreuse (4).

(1) Solon, 32. (2) V. Solon, 23.

(3) Hist. nat.j livre XVIII, ch. 7.

(4) Voir Plutabque, Solon, 24.

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Aussi les Athéniens importaient-ils du blé de la Sicile, du Pont-Euxin, de la Chersonèse-Taurique. Aussi demandaient-ils à la Propontide du poisson qu'ils salaient, et qui leur arrivait encore de l'extrémité de la mer Intérieure, de Gadès. Les figues, les olives et les huiles qu'ils exportèrent plus tard, n'auraient pas fait un contre-poids suffisant, s'ils n'y avaient joint les produits d'une industrie de bonne heure habile et féconde. L'homme suppléa à l'insuffisance de la nature.

Si le travail était difficile, il trouvait sa récompense. Les fruits étaient abondants, les fleurs parfumées. Si Plutarque a dit (1) : « Sylla quitta le maigre pays d'Attique, qui n'aurait pu le nourrir, même en temps de paix, » c'est que la Grèce était soumise, et qu'avec la liberté, elle avait perdu les excitations qui font la puissance de l'âme et la prospérité matérielle.

Le sol fournit un marbre fin et éclatant pour les œuvres d'art, des pierres propres aux grands édifices et aux modestes constructions. Les flancs des montagnes renferment de riches minerais que des travaux persévérants ont épuisés. La mer off're une abondante variété de poissons qui entrèrent de bonne heure, pour une large proportion^ dans l'alimentation publique.

Plus sensibles aux beautés qui frappentles regards qu'à l'utilité, règle des hommes d'État, les poètes ont chanté l'Atlique avec un enthousiasme propre à provoquer l'admiralion, et à donner satisfaction à la vanité Athénienne la plus exigeante. Leurs descrip-

(1) Sylla, 21.

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