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de douze, selon Strabon, après une première concentration de Cécrops et le synœcisme de Thésée. ^ Ces villes étaient indépendantes. L'une d'elles l'emporta sur les autres, par sa position, sa population, son génie et la fusion des antiques Érechthéides avec les Ioniens dont l'illustration était plus récente. Dès lors, la gravité des Érechthéides et la mobilité des Ioniens concoururent à la prospérité de tous.
Les onze villes furent subjuguées ou séduites. Elles renoncèrent à leur fortune et se transportèrent à Athènes par les plus puissantes familles, qui ne se séparèrent pas de leurs dieux.
Athènes ne fut plus alors seulement la ville la plus importante de l'Attique, elle en devint la capitale.
2.<tLorsque la Grèce fut envahie par les peuples du Nord, l'Attique reçut quelques groupes qui s'unirent aux populations primitives, et augmentèrent le nombre et la force de la race indigène.
Des bannis, victimes des discordes civiles, toujours actives dans la Grèce, vinrent de la Béotie, d'Égine, du Péloponèse, portant une grande activité intellectuelle et une culture plus développée. Une noblesse nouvelle se joignit à la noblesse antique,, et de ces éléments divers, se forma un peuple dont le génie souple et réglé a fait de si belles œuvres et de si grandes choses.
Le nom d'Ioniens semble être le nom générique par lequel les Orientaux ont désigné les Grecs. Les Juifs appellent Javan ceux qui habitent les côtes et les îles de la grande mer. Homère ne parle qu'une fois des Ioniens (1).
(1) Iliade, XIII, 68o.
336 INSTITUTIONS d'aTHÈNES
L'Attique est tout entière Ionienne par son esprit. Mais cet esprit est le résultat d'une longue élaboration après laquelle les différences disparaissent, et une puissante unité domine cette diversité féconde.
Des constructions pélasgiques élevées par ses premiers habitants, l'Attique n'a gardé qu'une partie des murs de son Acropole. M. F. Lenormant a découvert à Eleusis un tombeau qui ressemble au trésor d'Atrée à Mycènes (1). Il serait d'une époque postérieure aux grands murs.
fi Athènes était dès lors constituée. Elle avait une population libre, hiérarchisée, au-dessous de laquelle vivaient des familles de rang inférieur, et puis loin, bien loin des unes et des autres, les esclaves.
,La population libre, composée des premiers habitants, des Ioniens qui avaient été accueillis au XII® siècle après leur expulsion du Péloponèse par les Doriens, et des bannis illustres venus de toutes parts, comprenait les Eupatrides, les géomores et les démiurges (2). C'est à eux que peut s'appliquer cette définition d'Aristote : « Tout posséder, n'avoir besoin de personne, voilà la véritable indépendance (3). »
., Les Eupatrides n'ont tous ni la même ancienneté, ni la même origine. Bien que désignés par le même nom et participant aux mêmes avantages, ils forment deux classes distinctes. Thésée leur avait confié « tout ce qui regardait le^culte des dieux, les magistratures, l'interprétation des lois et le règlement de
(1) Académie des Inscriptions, 18G6, p. 59.
(2) Plutarque, Thésée, 23.
(3) Politique, IV, 5, 1.