‹ Les institutions d'AthènesChapitre 192 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

^ Cette déclaration était importante à cause dos privilèges qu'elle conférait. Seul, le -citoyen pouvait prendre part, à vingtans, aux délibérations de l'assemblée et faire partie des tribunaux; à trente, occuper une magistrature, être chargé d'une ambassade. Son domicile était inviolable. On ne pouvait y pénétrer sans l'assistance d'un mai^istrat, excepté dans le cas d'expulsion (1). Démosthène signale ainsi l'importance de ce privilège : w Voulez-vous savoir quelle ditlérence il y a entre la liberté et la servitude? La plus grande consiste en ce que la personne de l'esclave répond de tous ses méfaits. L'homme libre, au contraire, si bas qu'il soit tombé, peut toujours mettre sa personne à l'abri (2). o

^ Seul, il avait le droit d'accomplir certains sacrifices, et toute insulte qui lui était faite atteignait la cité tout entière, qui devait en poursuivre la réparation.

^ Il pouvait y avoir opposition, et les membres d'une phratrie avaient le droit de rejeter un enfant dont l'origine et la descendance ne paraissaient pas bien établies. Cette inscription fut, pendant quelque temps, renvoyée à la fête A-paturie, qui était annuelle. On croit même qu'elle fut ajournée à la troisième ou à la quatrième année de l'enfant. Ce ne put être que dans des époques de trouble, ou lorsque, Athènes n'étant plus maîtresse d'elle-même, le titre de citoyen était plutôt une satisfaction pour la vanité, que la collation de droits précieux.

j/ A dix-huit ans, avait lieu une nouvelle inscription.

(1) 'E^oûXr.^

(2) Contre Androtion, 25.

368 INSTITUTIONS d'aTHÈNES

Les jeunes gens recevaient alors le nom d'Ephèbes(l), et leur chevelure était coupée et offerte aux dieux. A vingt ans, pendant la fête des Panathénées, ils étaient inscrits dans le registre d'un bourg. Dès lors, ils étaient hommes faits et pouvaient exercer certains droits comme citoyens. L'examen qui précédait l'inscriplion à l'époque de la majorité, s'appelait : « la dokimasie pour devenir homme (ï2). )> D'autres do- Idmasies devaient suivre.

Le fds d'un Athénien et d'une étrangère suivait la condition de sa mère. Il était exclu des gymnases et ne pouvait entrer qu'au Cynosarge, situé hors la ville (3).

Un étranger pouvait usurper le titre de citoyen. Celui qui était accusé de ce crime comparaissait devant le tribunal des Héliastes. Chargé de chaînes, il était réputé coupable, traité comme tel, et exposé aux plus sévères condamnations, car chacun des citoyens se trouvait lésé par cet attentat. Acquitté, il pouvait encore être traduit devant les thesmothètes.

Nous trouvons dans un plaidoyer de Démosthène (4) les accusations dont on pouvait être l'objet à cet égard. Euxithée prouve que, s'il a l'accent étranger, c'est qu'il a été pris et repris ; qu'il avait fait des actes de citoyen, en recevant une partie du bien de ses oncles ; que, ni dans les assemblées du dème, ni dans celles de la phratrie, ni ailleurs, il n'avait été attaqué comme étranger ; qu'il avait été désigné par le sort pour remplir certaines fonctions dont il s'était

(1) PoLLUX, Uv. VIII, ch. IX. (2) Aoxi(j,ao-ia efç avSpaç.

(3) Plutarque, Thémistocle.

(4) Euxithée, contre EuhuUde.

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