‹ Les institutions d'AthènesChapitre 193 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

acquitté, après avoir subi l'examen ; qu'il avait enseveli quatre de ses enfants dans les monuments de ses ancêtres, communs à tous les membres de sa race; que sans doute sa mère vendait des rubans , mais qu'elle payait la taxe des citoyens et non celle des étrangers ; qu'elle avait été nourrice, mais uniquement à cause de sa pauvreté ; enfin, qu'elle n'avait jamais payé l'impôt de séjour. Tout cela ne pouvait convenir qu'à un citoyen.

En 416, l'usurpation était devenue si générale, qu'une enquête publique fut ordonnée. Dans chaque dème, on dut lire publiquement le registre contenant les noms des citoyens. Chacun eut à faire la preuve qu'il était citoyen par naissance, par adoption, ou en vertu d'un décret de l'assemblée.

L'enquête fut faite avec une solennité sévère qui prouvait combien l'abus avait été général, et quel désir on avait de rendre au titre de citoyen son antique éclat.

Nous connaissons la procédure suivie en 346. Démophile fit voter une révision générale de la liste civique. Une assemblée se réunit dans chaque dème. La liste des citoyens fut produite, et le démarque fit l'appel. Le silence des assistants était une attestation du droit du citoyen nommé. Lorsque ce droit était contesté, on le discutait publiquement et l'individu radié devenait métèque. S'il en appelait au tribunal des Héliastes, le démarque parlait le premier, pour soutenir la décision. L'intéressé lui répondait. Si la sentence lui était défavorable, il ne pouvait plus descendre dans la classe des métèques, et il avait à choisir entre l'esclavage et l'exil.

La procédure des deux époques est la même, sauf quelques différences de détails.

6. «On pouvait entrer dans une famille athénienne par l'adoption. Démoslhène (1) cite la loi : « Les pères privés d'enfants, et maîtres par conséquent de la totalité de leurs biens, pourront adopter des citoyens et leur léguer légitimement leurs richesses. » L'adoption devait être faite en pleine santé, et l'adopté ne pouvait retourner dans sa famille naturelle, que s'il naissait à sa nouvelle famille un enfant légitime, ou si lui-même laissait, pour le remplacer, un enfant. La suppression des effets de l'adoption ne pouvait se faire que d'un commun accord. Mais cette adoption est celle d'un citoyen par un citoyen. Elle ne changeait rien à la condition de celui qui entrait, par un choix libre et bienveillant, dans une famille qu'il était chargé de perpétuer.

- Il y avait un autre moyen d'augmenter le nombre des citoyens, en conservant intacte la dignité de ce grand nom. Une loi obligeait les étrangers, qui venaient s'établir en Atlique, de faire inscrire leur nom sur un registre public. S'ils aspiraient au titre de citoyen, il fallait prouver que leur mérite était digne de cet honneur. Solon ne l'accorda qu'aux hommes qui amenaient avec eux leur famille, ou à ceux qui, exilés pour une cause politique, venaient demander une nouvelle patrie à une terre hospitalière (2), en lui apportant leur fidélité et en augmentant sa puissance par ce qu'ils avaient emporté d'une patrie cà laquelle

(l) Contre Léocharès.

(2j Pldtauque, Solon, 1.

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