‹ Les institutions d'AthènesChapitre 194 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ils renonçaient. L'un d'eux, le Messénien Mélanthos, devint roi après avoir délivré, par la force ou par la ruse, la ville d'Athènes d'une invasion thébaine.

4 Harpocrate (1) définit les métèques, « des étrangers qui, renonçant à leur première patrie, s'étaient établis sur le territoire d'Attique, avec l'autorisation du conseil de l'Aréopage.» Il les distingue .du périèque en ce qu'ils pouvaient habiter Athènes, tandis que le périèque n'avait de domicile que dans les villes de la Laconie.

^ Les étrangers qui avaient rendu des services à l'État, les métèques qui s'étaient distingués pendant la guerre, ou qui, pendant la paix, avaient fait preuve de dévouement, pouvaient être admis à ce privilège envié. On vit des rois le désirer, et, après Tavoir sollicité, l'obtenir du libre jugement de l'assemblée, ou n'en être pas jugés dignes, ce qui contribuait encore à en augmenter le prix (2). Tant qu'Athènes honora, par la conduite de ses enfants, le titre qu'elle plaçait au-dessus de tout, les étrangers se disputaient l'honneur de l'obtenir. Quand les lois furent sans force et les mœurs sans dignité, ceux qui auraient été dignes de le porter le dédaignèrent, et elle l'accorda à l'intrigue, ou l'offrit, par une indigne adulation, à ceux qu'elle redoutait.

Il fut estimé dès lors ce qu'il valait.

* L'assemblée du peuple pouvait, seule, décerner le titre de citoyen. Celui qui le recevait portait le nom de « fait par le peuple (3). » Mais cette première

(1) Les Métèques.

(2) Démosthéne, De l'Ordination de la république.

(3) AT5[i,07ro''r,Tor.

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adoption ne suffisait pas. Elle devait être confirmée dans une seconde assemblée de six mille citoyens , au moins. Ils votaient individuellement avec de petites pierres jetées dans une urne. Le candidat ne pouvait assister à ce jugement. Il ne fallait pas que le plus léger soupçon pesât sur une décision d'une si haute importance.

^ Si les suffrages lui étaient favorables, une déclaration solennelle admettait l'étranger dont elle proclamait le nom, à jouir des honneurs, immunités et privilèges attachés au titre de citoyen. L'opposition d'un seul pouvait cependant arrêter l'effet de la décision de l'assemblée, et la soumettre à un tribunal qui avait le droit de l'infirmer. Après quelques cérémonies religieuses auxquelles assistait le nouveau citoyen, il était inscrit dans l'une des quatre ou des dix tribus (1).

Les métèques et les esclaves.

1. Avant Périclès, et au milieu des guerres contre les Mèdes, les mariages entre des citoyens et des femmes étrangères s'étaient multipliés. Il en résultait une augmentation de la population libre, qui pouvait paraître une force, mais dans laquelle on vit un excès. Sans doute, on croyait ce que devait exprimer plus tard Aristote (2) que « la cité est une asso-

(1) Voir Démostiikne, Contre Nééra.

(2) PoUtifjue, III, 4, 7.

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