‹ Les institutions d'AthènesChapitre 196 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

leur devînt à charge : aussi, firent-ils, sans cesse, des colonies; ils se vendirent pour la guerre, comme les Suisses le font aujourd'hui; rien ne fut négligé de ce qui pouvait empêcher la trop grande multiplication des enfants (l). »

Athènes fut plus sage que Sparte. Sa population de citoyens était répandue dans tous les dèmes de TAttiquc, et elle se conserva de manière à ne pas présenter d'une époque à une autre de diminution sensible. Elle se serait élevée, dès les premiers temps, sous Cécrops, à vingt mille citoyens. Si, sous Périclès, le nombre était moindre, ce ne fut pas sensiblement ni pour longtemps. Les vides faits par la guerre avaient été comblés par la paix. L'orateur Lycurgue, mort en 320, avait appelé en justice Diphilos, pour avoir, malgré les lois, enlevé les colonnes de bois qui soutenaient les galeries des mines d'argent, et l'avait fait condamner à une amende de cinquante drachmes par tête de citoyen. Il dut payer cent soixante talents, ce qui aurait fait un peu moins de vingt mille citoyens. Plutarque, qui raconte le fait (2), dit bien que d'autres ont prétendu que l'amende avait été d'une mine, c'est-à-dire du double. Le nombre des citoyens devrait être alors diminué de moitié, ce qui n'est pas vraisemblable, car il n'aurait pas atteint, en quelques années, l'élévation que constate Athénée (3).

Démosthène (4) dit : « Le nombre des Athéniens est d'environ vingt mille.» Aristophane avait donné le

(1) Esprit des lois, XXIII, 27.

(2) Vie de Lycurgue, XIII.

(3) YI, 237. (4) Contre Aristogiton, 48.

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même nombre, ainsi que Thucydide (1), pour la fin du v° siècle.

Lorsque Démétrius de Phalère, de 318 à 308, donna, par une sage administration, à la ville une prospérité depuis longtemps perdue et une influence nouvelle, on trouva dans le recensement vingt-un mille citoyens, dix mille étrangers domiciliés et quatre cent mille esclaves (2).

A Sparte, au contraire, la population avait diminué d'une manière constante. Les neuf mille citoyens renfermés dans la ville, du ix® au viii^ siècle, étaient descendus à sept cents sous Alexandre , et Aristote a dit avec raison : « C'est la disette d'hommes qui l'a tuée (3). »

2. Les métèques étaient une population intermédiaire entre les citoyens et les esclaves. Elle se composait d'étrangers qui, attirés parle climat, le commerce ou la généreuse hospitalité de l'Attique, avaient renoncé à leur patrie et s'étaient établis, avec leur famille, sur les côtes, ou à l'intérieur dans un des dèmes (i). Leur établissement n'avait rien de furtif. Il était consacré par une autorisation du conseil de l'Aréopage, qui ne permettait pas de confondre ce nouveau venu, régulièrement admis sur le sol de l'Attique, avec des fugitifs poursuivis par les lois de leur pays, et qui feraient peu d'honneur à leurs hôtes.

Ils étaient inscrits sur un registre public, connue

(1) 11, 13, (2) Athénée, Les Déipnosophistes, 6.

(3) Politique, Ml, 4, 12.

(4) Harpocrate, MôTotxoç.

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