‹ Les institutions d'AthènesChapitre 197 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ies citoyens, et résidaient bientôt, pour la plupart, à Athènes, où ils trouvaient plus facilement qu'ailleurs le moyen de vivre par leur industrie. C'est par les métiers et le commerce qu'ils acquéraient l'aisance OTTÎaTucIiesse ; c'est par le service dans Farmée ou sur la flotte, qu'ils se rendaient dignes des bienfaits îg~îé"iïr nouvelle patrie et du titre envié de citoyen. Ils auraient, d'après quelques auteurs, formé le tiers de la population de l'Attique. Ce n'est pas vraisemblable, car leur nombre se serait élevé à environ soixante-quinze mille. Athènes y eût vu certainement un danger; et elle l'aurait conjuré par un de ces moyens que les républiques anciennes n'hésitaient pas à employer pour assurer leur salut. D'autres les réduisent à dix mille chefs de famille, et Athénée même (1) n'en compte que six mille. Il est plus probable que leur nombre se rapprochait de celui des citoyens.

Xénophon(2)dit qu'on leur accordait, ainsi qu'aux esclaves, « une licence incroyable, o S'ils ne pouvaient ni voter, ni devenir magistrats, ils avaient la liberté, qui est le premier des biens, puisque seul il permet de goûter les autres, et si l'esprit de privilège, non moins puissant dans la démocratie athénienne que dans l'oligarchie de Sparte, y avait mis des conditions et des limites, ce ne fut jamais jusqu'au point d'en altérer le caractère essentiel, ni d'en affaiblir le prix. Il ne faut donc pas accepte)* aveuglément cette affirmation de Xénophon. Elle lui est certainement inspirée par l'esprit oligarchique de Sparte. La cité

(1) Déipnosophisfes.

(2) Gouvernement des Athéniens, 1.

Spartiate était absolument fermée ; celle d'Athènes s'ouvrait avec libéralité devant tous ceux qui étaient dignes d'y entrer. Il fallait donc les préparer à ce grand bienfait, et ce que Xénophon appelle «licence,» n'était probablement que le constant et utile apprentissage de la liberté.

Ils devaient avoir, parmi les citoyens, un patron qui veillait à leur sûreté et à leurs intérêts, et que l'on rendait responsable de leur conduite. Athènes se protégeait contre eux et les protégeait contre toute injustice.

Ce patron ou répondant était appelé prostate (1). Si les devoirs imposés au citoyen par ce choix n'étaient pas remplis, il comparaissait devant le troisième archonte, et ses biens pouvaient être confisqués. Il fallait que la soumission imposée au métèque fût compensée pour lui par quelque avantage.

C'est pour que la ligne de démarcation tracée entre le métèque et le citoyen ne s'effaçât pas, que fut édictée la peine de mort contre « celui qui pénétrait là où il ne lui était pas permis d'aller (2). »

Quelques-uns ont cru qu'il s'agissait de la participation illégitime des métèques ou des étrangers à certaines cérémonies religieuses et particulièrement aux mystères. D'autres ont jugé, avec plus de vraisemblance, qu'il s'agissait des assemblées populaires oij il n'y avait place que pour les citoyens.

C'est l'opinion du sophiste Libanius. «A Athènes,

dit-il, un étranger qui se mêlait dans l'assemblée du

,^ peuple était puni de mort (3). » Il ajoutait que c'était

' (1) UpoGTÔLTT,;. (2) POLLUX, VIII; 87.

(3) Déclamations, 17 et 18.

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