‹ Les institutions d'AthènesChapitre 198 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

afin que les secrets de la république ne fussent pas divulgués.

Ne voulait-on pas surtout empêcher l'usurpation de la souveraineté?

Les étrangers, même domiciliés à Athènes, ne pouvaient ester en justice qu'à la condition d'être représentés par un citoyen. Il fallait bien, tout en attachant le métèque à l'Attique, ne pas laisser établir une confusion qui eût porté atteinte à la susceptibilité ombrageuse de ceux qui avaient tous les droits.

Il résulte cependantd'un passage de Démosthène (1), que la plainte pour injure personnelle (2) pouvait être intentée directement par un simple étranger de passage à Athènes. C'était conforme à l'esprit de l'Attique.

Les métèques montaient les vaisseaux et combattaient comme hoplites dans les rangs de l'armée. Leur esprit aventureux, leurvie active, les rendaient partout utiles et même pi'écieux.

Dans les circonstances difficiles et devant l'ennemi, ils étaient assimilés aux citoyens.

Au moment d'engager le combat naval où doit se décider contre les Syracusains et les Lacédémoniens le sort de l'armée athénienne de Sicile, Nicias s'adresse ainsi à une partie de son armée : « Vous qui, réputés Athéniens sans l'être, êtes admirés dans la Grèce, et pour la connaissance de notre langue, et pour l'heureuse imitation de nos mœurs (3).... »

Il parlait aux métèques dont il jugeait le concours nécessaire dans cette lutte suprême.

(1) Contre Midim, 175. (2) Uç,oSQlri.

(3) Thucydide, YIII, 63.

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Ils payaient annuelicmfiixt un impôt de dix ou douze drachmes (1). Les femmes, qui n'avaient point d'enfants, payaient dix drachmes. Le métèque qui aurait refusé ou négligé d'acquitter ce tribut, était saisi par les receveurs, traîné au marché, et vendu par les agents du trésor (2).

Quelques-uns cependant étaient exemptés de cet impôt et assimilés aux citoyens, dont ils partageaient les charges bien moins lourdes, sans en avoir encore les privilèges. On récompensait ainsi les services rendus, et l'on préparait une récompense plus éclatante : celle du droit de cité. Semblables aux métèques, ces isotèles (3) n'avaient pas de droits politiques, mais, plus heureux, ils ne payaient pas la taxe de séjour, pouvaient posséder des terres, épouser une Athénienne, et n'étaient pas obligés de prendre un patron.

Mais les uns et les autres étaient soumis à des obligations humiliantes. Dans la fête annuelle des Panathénées, ils figuraient portant de petits vaisseaux, qui indiquaient leur situation présente en rappelant leur origine étrangère. Les femmes précédaient les Athéniennes portant sur la tète ou sur l'épaule un vase à puiser de l'eau (i), ou des outres pleines (5), les accompagnaient en les protégeant contre le soleil par des ombrelles, ou les suivaient avec de petits sièges sur lesquels elles pouvaient se reposer.

(1) 9,30 ou 11,16 de notre monuaie.

(2) DiOGÈNE DE Laerte, Xénocratc.

(3) Leur nom vient de îaa teXsîv toi; àatotç, payer comme des citoyens.

(4) Scaphophores. (5) Arcopliores.

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