‹ Les institutions d'AthènesChapitre 202 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

la chose n'est pas moins absurde, car ils sont hommes et ont leur part de raison (1). »

Et le philosophe ne se prononce pas. Il semble craindre de faire quelque concession et de ne pas nier assez à l'esclave sa condition d'homme. Il était sûr de l'assentiment du maître dans la famille, et des magistrats dans l'État.

Dans ces conditions, si l'esclave était pour le maître au niveau d'un animal, le maître devait être traité par Tesclave en ennemi. On s'étonnerait donc qu'il n'y eût pas eu en Atlique plus do meurtres et plus de révoltes, si on ne savait que l'on essayait de gagner par les meilleurs traitements ceux sur qui on avait tout pouvoir.

« Il n'est pas£eraii^ dft Ips hgr.t.rp.^ dit XftnfipJ:mn :

un esclave ne se dérange pas pour vous. D'où vient cett'e^côïïîiïme f Je vais vous le dire. Si l'usage autorisait un homme libre à battre un esclave, un métèque ou un affranchi (2), souvent il prendrait^ un Athénien pour un esclave et Te MtMTrîcî7"érrêffet, l'habilleTUBnrdeTcîtoyens n'est pas autre que celui des esclaves et des métèques, et, pour l'extérieur, ils se valent. Et si l'on s'étonne de ce qu'ici l'on permet aux esclaves de vivre dans le luxe, à quelques-uns même de mener grand train, on verra que ce n'est pas sans un motif plausible. Dans une ville oii toute la force est maritime, il y va de la fortune de se faire l'esclave de son esclave, pour en tirer des bénéfices et de lui laisser la liberté (3). »

(1) Politique, \, 5, 3.

\^i) Voilà trois classes distinctes mises sur le même rarg.

(3) Gouveryiemeat des Lacédémoniens, l.

388 INSTITUTIONS d'atHÈNES

Il ne faut pas oublier que Xénophon écrivait loin d'Athènes et à une époque où sa patrie, soumise à Sparte, qui pesait sur elle de tout le poids d'un vainqueur impitoyable, n'était plus elle-même.

Nous savons, par d'autres témoignages, que leur costume était différent de celui des hommes libres, qu'ils ne pouvaient laisser croître leur chevelure, et qu'ils devaient porter une coiffure particulière. Ils ne pouvaient faire usage d'aucun parfum.

4. Ils n'avaient ni le droit de se défendre devant les tribunaux, ni celui de porter témoignage. La torture pouvait être employée pour leur arracher la vérité. On put ordonner que l'esclave d'un des violateurs des mystères déposât librement sur cette profanation (1). Cette liberté était donnée en vertu d'une déclaration d'impunité (2). Un décret du peuple pouvait soustraire un esclave à l'autorité de soji maître.

Les châtiments dont on se servait contre eux pour de légers délits, comme pour des fautes graves, étaient nombreux et divers.

Déserteurs ou^oiiYaiii£Jis d^v^l^J^ atta-

chés à une roue et déchirés à coups de fouet. On les condamnait à tourner, sous une vigilance impitoyable, la meule qui écrasait le grain. Ils pouvaient être marqués au front ou sur un des membres, de manière à porter le signe ineffaçable de leur faute.

Sans doute, ils pouvaient s'enfuir, et trouver, dans le temple de Thésée, s'ils étaient assez heureux

(4) Andocide, Des Mystères.

(2) "Aocta.

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