‹ Les institutions d'AthènesChapitre 203 sur 335 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

pour y parvenir, un asilo inviolable (1). Ils entraient alors en composition avec leurs maîtres, et obtenaient le droit de se racheter ou d'être vendus. Ce droit leur était également reconnu quand ils pouvaient prouver que leur maître avait porté atteinte à leur chasteté ou montré envers eux une trop grande sévérité. L'esclave devait, alors, être vendu (2).

La politique de l'intérêt prévalait dans les relations entre le maître et l'esclave. « Savoir employer les esclaves, dit Aristote (3), forme la science du maître, qui est maître bien moins en tant qu'il possède des esclaves, qu'en tant qu'il en use. Cette science n'est, il est vrai, ni bien étendue ni bien haute; elle consiste seulement à savoir commander ce que les esclaves doivent savoir faire. Aussi, dès qu'on peut s'épargner cet embarras, on en laisse l'honneur à un intendant, pour se livrer à la vie politique ou à la philosophie. »

Le recours à la loi valait mieux que la résistance violente dont on pouvait trop facilement lui faire un crime. « Si un esclave se défend, dit Platon (4), et tue un homme libre, il doit être traité comme un parricide. »

D'un autre côté, on lui accordait une protection qui n'était que trop nécessaire en présence du mépris général dont il était l'objet : « A Athènes, dit Montesquieu (5), on punissait sévèrement, quelquefois même de mort, celui qui avait maltraité l'esclave d'un autre. La loi d'Athènes avait raison,

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