‹ Les institutions d'AthènesChapitre 205 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

vices, recevraient les honneurs de la sépulture publique, et que leurs noms seraient gravés sur des colonnes. Ils reçurent certainement la liberté, car ces honneurs ne pouvaient être accordés qu'à des hommes libres.

Si l'oisiveté était un crime pour le citoyen, elle n'était pas permise à l'esclave. Il travaillait aux champs et remplissait toutes les fonctions domestiques. Il faisait tous les métiers, creusait les mines et ouvrait les carrières, cultivait tous les genres d'industrie et les arts. Le profit que le maître tirait de , ^ ^^ ceux qu'il avait achetés sur les marchés, devait le dé-p^\ ^^ dommager du prix qu'ils avaient coûté ; ce prix variauN selon leur âge, leur éducation, leur santé, leurs ^ aptitudes. Démosthène (1) évalue à cent drachmes par an le revenu que donnait le travail d'un esclave, ce qui déterminait le prix que l'on pouvait en offrir. Ce revenu a été porté jusqu'à cent vingt. Cette évaluation est difficile à faire, car le produit variait à l'infini. Aux uns la force, aux autres l'habileté, à ceux-ci le désespoir qui enlève toutes les initiatives, à ceux-là le courage qui les multiplie. Cet homme à l'apparence chétive est un artiste qui peut créer des chefs-d'œuvre. Cet athlète vigoureux n'est qu'un manœuvre brutal dont l'obéissance passive sera l'unique mérite. La servitude n'a pas tellement nivelé les caractères qu'il n'y ait de nombreuses variétés, et que, sous l'être abaissé, on ne retrouve les différences qui tiennent à la nature et à la liberté de l'homme.

Quand Aristote émet des doutes, si injurieux pour

(1) Contre Aphoh., l.

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l'humanité, sur l'aptitude inlellectuelle des esclaves, il ne tient pas compte des faits. L'esclave cultivait les arts, apprenait les lettres, aspirait à la philosophie^ exerçait la profession de médecin, et montrait, pas ses succès dans l'éducation spéciale qu'on lui donnait, comme par ses sentiments, qu'il était un homme semblable aux autres.

Leurs maîtres les avaient achetés pour ce qu'ils valaient ou pour l'opinion qu'ils en concevaient. Il y avait seulement place pour des déceptions ou d'agréables surprises. On faisait de bons et de mauvais marchés et le traitement de l'esclave en dépendait.

Le premier jour de chaque mois, on les vendait sur le marché d'Athènes. C'était une marchandise comme une autre, dont le crieur disait les mérites et annonçait le prix. L'acheteur pouvait l'examiner, le manier, le mettre en mouvement, comme on fait d'un animal ou d'un objet. Le prix variait suivant l'âge, la santé, les aptitudes. Des esclaves étaient vendus pour trois cents drachmes, pour six cents (1). Mais d'autres, de qui on attendait davantage, n'étaient livrés que pour des sommes considérables.

L'esclave servait d'hypothèque, et était mis au rang d'une propriété immoWlirèi^-J). Il est probable cependant que la mort, la maladie, la fuite, diminuaient considérablement l'importance du gage.

Quelque peu de valeur qu'eût l'esclave aux yeux de son maître, il n'entrait pas dans la maison sans quelque solennité. La maison était une enceinte

(1) Démosthène, Contre Aphob., 1.

^ ^2) Voir BoECKH, Économie politique des Athéniens, liv. le»".

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