CHAPITRE V II
sacrée placée sous la protection de Zeus Hercéieii, .' entourée de la vigilante surveillance des ancêtres. L'introduction, à quelque titre que ce fût, d'un hôte o^ donnait lieu à une cérémonie religieuse. On faisait »^^"^ des libations sur la tête du nouveau venu (1). C'était la consécration de son changement de maître et la constatation des droits de celui qui le recevait à son foyer. , •
La conduite d'Athènes à l'égard des esclaves et Mp^^'jS^ peut-être aussi la variété de leur origine, et le peu dcî 4-' ^"T^ rapports qu'ils eurent entre eux, rendirent rare^ '-^ leurs révoltes. Sous la domination de Sparte, les ^ hilotes, toujours frémissants, se levèrent souvent en armes contre leurs maîtres. En Attique , on signale deux révoltes, toutes les deux dans les mines du Laurium, au milieu d'une population agglomérée et soumise à de durs travaux. La seconde eut lieu en 133, lorsqu'Athènes obéissait à Rome, et elle se rattache à la tentative désespérée d'Eunus le prophète, en Sicile, et au mouvement qui se fit sentir en Gampanie, à Rome, à Délos. Il est donc permis de supposer que, par humanité ou par intérêt, les maîtres se montrèrent supérieurs aux philosophes. Il résulte même d'une observation d'Athénée (2) que, soit pour ménager l'esclave dans ce qui pouvait lui rester de dignité, soit par un sentiment de protestation contre une injustice dont on profitait, on lui donnait des noms moins humiliants que ceux qu'ils portaient ailleurs. On les appelait pénestes, hilotes, clérotes, bénéficiaires, périœciens. Leur situation n'en devenait pas meilleure.
(1) PoLLUX, m, 8. (2) Dcipnosophistes, liv. VI.
NSTITUTIONS D ATHENES
^ ^'b. Plusieurs prescriptions signalée: par divers ^écrivains montrent à la fois quelles précautions on prenait contre les esclaves, quels égards on conservait pour eux, et quels traitements on leur infligeait.
Leur nombre était, dans l'A-ttique et dans Athènes, de beaucoup supérieur ù'^celui des citoyens et des métèques réunis. Athénée (1) l'évalue à quatre cent mille.
Ils ne pou\^ient^orter le mêmÊjv^êtement que les ; hommes libres et n'avaient pas le droit de laisser \croître leur chevelure. Ils portaient une coiffure particulière. On employait contre eux la torture quand on avait besoin de leur témoignage, ou que l'on informait contre leur maître (2). Mais on devait procéder avec discrétion, car si l'esclave mourait dans ^ce supplice ou s'il y avait été injustement soumis, on devait des dédommagements au maître (3). Aristophane donne le détail de ces tourments : « AUache-le sur le chevalet, pends-le ; donne-lui les étrivières ; écorche-le ; torture-le ; verse-lui du vinaigre dans les narines; charge-le de briques; emploie tous les moyens, excepté de le fouetter avec des poireaux et de Tail nouveau (i). »
Tout culte de dieux étrangers leur était interdit, et le fouet, la roue, la meule, le fer rouge punissaient toute impiété ou toute violation de la loi civile.
Ils pouvaient se racheter avec l'argent qu'ils
(1) Béipnosophistes, iiv. VI.
(2) Mets-le à la question, dit Xanthias, dans Aristophane {Grenouilles), et si tu me trouves coupable, fais-moi périr.
(3) Voir Samuel Petit, Lois de l'Attique, p. 355.
(4) Grenouilles, X^-nthias.