‹ Les institutions d'AthènesChapitre 207 sur 335 · CHAPITRE VIT ( il · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT ( il

^^A^e-nt ramassé, car il ne leur était pas interdit, après avoir rëiî3u à leur maître ou le temps ou la somme de travail qu'il avait le droit d'exiger, de gagner quelque chose pour eux.

Ils se faisaient entrepreneurs de certains travaux à la ville ou aux champs, moyennant un prix dont une partie revenait à leurs maîtres. Mais ils ne pouvaient intervenir légalement dans les accords. Leurs maîtres stipulaient pour eux, et, en cas de contestation, ils sai-\ sissaient les tribunaux et faisaient valoir leurs droits.

Cette liberté qu'ils achetaient pouvait leurjêtre accordée s'ils avaientconigâflïïl^ôïïria patrie, bien servi leurs maîtres, fait^.jpreuye d/un dévouement éclatant. Ils poïïvàTent même alors devenir citoyens (1). Arîslophane, en protestant contre ce qui avait été fait à l'égard des généraux après la bataille des Arginuses, constate la coutume d'Athènes à l'égard des esclaves. « Je prétends, dit-il, que nul homme indigne ne doit être admis au droit de cité. Car il est honteux que, pour s'être trouvé une fois à un combat naval, on jouisse aussitôt des mêmes droits que les Platéens (2) et que d'esclave on devienne maître.

(1) Voir Aristophane, les Grenouilles.

(2) Les Platéens, depuis les secours qu'ils prêtèrent à Athènes, à Marathon, et dans la suite de la guerre contre les Perses, reçurent le droit de cité. Démosthène (contre Nééra) nous a conservé ce décret ; u Ilippocrate a dit : Les Platéens seront Athéniens à partir de ce jour. Il y aura égalité devant la loi entre eux et les autres Athéniens. Ils auront part à toutes les choses auxquelles les Athéniens ont droit de participer, même aux choses sacrées et aux choses saintes, à l'exception des sacerdoces ou fonctions religieuses auxquelles on est appelé par sa naissance, lis ne pourront pas non plus être archontes, mais leurs enfants le pourront. Les Platéens seront répartis dans les dèmes et les tribus. Après cette répartition, il ne sera plus permis à aucun Platéen de devenir Athénien, à moins qu'il n'obtienne celte faveur du peuple »

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Ce n'est pas que je veuille dire que ce soit mal fait; au contraire, j'y applaudis; c'est le seul cas où vous ayez agi avec bon sens. Mais il n'en est pas moins juste que ceux qui combattirent si souvent sur mer avec vous, ainsi que leurs pères, et que leur naissance unit à vous, obtiennent le pardon de leur unique faute. »

Cependant Athènes se mettait en garde contre sa propre générosité, et évitaii de donner trgp i£^fllenr nité à la proclamation de la liberté servile. Il était ; interdit de faire conïïïïî^re~^at^4èéâ^Te cette décision de l'assemblée, de peur que les étrangers ne considérassent comme diminué dans leur estime le titre de citoyen (1).

L'affranchissement ne leur donnait pas une liberté complète. Ils restaient sous le patronage de leur ancien maître, à qui ils devaient certains égards et gui pouvait les faire condamner.

riin esclave était maltraité par un autre que son maître, il y avait lieu à des dommages intérêts. Mais comme c'était la chose du maître qui avait subi une dépréciation, le maître profitait de la réparation accordée. Si, do son côté, l'esclave portait préjudice à quelqu'un, le maître était responsable.

Athènes avait conservé la tradition des temps primitifs dont Homère est le témoin, et l'esclave, môme dans les conditions les plus défavorables de sa misérable situation, paraît entouré de certains égards, et n'a pas perdu toute espérance.

« Le pain, dit Homère (2), est distribué par Mésan-

(1) Voir EscHiNE, Contre Ctésiphon.

(2) Oduisée, ch. XIV.

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